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    Aesh Frère-des-Justes - le Mar 5 Juin - 12:17
    http://kurkigal.forumactif.com/t316-aesh-frere-des-justes http://kurkigal.forumactif.com/t327-journal-d-un-prince-du-peuple http://saol-eile.org
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    Aesh Frère-des-Justes (Clan du Vent)
    Un prince sans justice est une rivière sans eau.
    Bien le bonjour, je m'appelle Aesh mais on me surnomme Frère-des-Justes. J'ai vingt-trois ans, je suis kigallu et je fais partie des clans. Dans la vie, je suis prince de Kur-Kigal et combattant et côté cœur et orientation sexuelle, sachez que je suis officiellement célibataire, officieusement en couple et androsexuel. Je suis également défini comme de genre Shamshu.


    Caractère

    « Il me met mal à l’aise…
    — Et moi dont ! Quant il est venu me parler, crois-moi, je ne faisais pas le fier.
    — Toi aussi tu avais les jambes qui tremblaient, face à son regard intimidant ?
    — Je n’en menais pas large. Je me savais innocent, et il est vrai qu’il est impitoyable avec ceux qui commettent des crimes… Mais même si je le savais de mon côté, ce jour-là, j’étais à la fois captivé et terrifié.
    — Je te comprends, oui. Il a ce maintien si noble… et ce regard qui semble voir au-delà de notre personne. Et puis, ses sourires… ils sont étranges. Pas qu’ils fassent faux, mais plutôt… Ils sont aussi expressifs que des mots. Moqueurs pour ceux qui le méritent, mielleux pour les puissants, compréhensif pour les victimes. Comment est-ce possible, pour un Prince, de comprendre les êtres touchés par l’injustice ?
    — Je l’ignore… Mais, tu sais quoi ? Je l’aime bien, moi, ce Prince. »


    Mon dos appuyait contre une colonne de pierre, j’écoute les dires de deux personnes du peuple. Ils parlent de ma personne, de mon attitude, de mon caractère. Finalement, ils s’en vont plus loin en conversant d’autres choses. Je quitte ma cachette improvisée, je ne faisais que passer par là pour rejoindre le Palais. J’avais reconnu un Arallu et un Kigallu que j’avais défendu devant un prêtre il y a quelques jours.

    Un homme du clan du Vent les avait accusés de ne pas rembourser leur dette. J’avais été présent, par hasard, lors de l’altercation d’origine. Et la vérité était qu’il avait molesté ces deux personnes pour une dette impayée : tout en leur ayant mentit sur la valeur inscrite au contrat. Tricher en usant du fait que ces personnes ne savaient pas lire, c’est abject. J’avais préféré intervenir, ne supportant pas l’injustice qui les frappait. Ma parole n’était que celle d’un témoin, mais mon statut lui donnait une force à l’intention du prêtre en charge de l’affaire. Après un équivalent d’enquête, si je puis dire, l’affaire avait été réglée avec un compromis. Cette décision était-elle juste ou non ? Selon nos lois, seuls la prêtrise pouvait le dire.

    Je ne m’attendais pas, cependant, à la façon dont ils me percevaient. Il est vrai que j’ai une façon de me vêtir, de me déplacer ou de parler qui trahit mon éducation princière. Je suis lettré, et j’aime la logique par-dessus tout. J’ai le sourire facile, mais ce-dernier fait souvent écho à ma situation. De façade pour ceux que je sais être hypocrite, aimable avec des connaissances, compréhensif pour ceux qui souffrent, moqueurs pour mes adversaires. Mon sourire a de nombreuses facettes, et si mes yeux sont peu expressifs, mon visage dans sa globalité reste un peu trop révélateur de mes pensées à mon goût.

    Mais je sais que les gens murmurent souvent sur le fait de n’avoir jamais vu de sourire tendre, amoureux, sur mes lèvres. De n’avoir jamais vu que l’étincelle du respect, ou de la tendresse familiale dans mon regard. Pourtant, je ne m’en fais pas : car je sais qu’il existe une personne ayant déjà vu l’Amour dans mes yeux, et le sourire doux qui lui ait réservé. Il se ponctue d’un peu de mélancolie et de tristesse, de part le délicat de notre situation… Mais il est uniquement pour lui. Même ma sœur, ou ma mère, que j’apprécient n’ont que mon regard et sourire tendre, d’un fils à sa mère. D’un frère à sa sœur.

    Alors que j’avance dans les couloirs du palais, en direction de ma chambre, je me laisse aller à mes pensées. Mon amour m’est actuellement impossible, et est même une entrave. La logique voudrait que je l’abandonne, et je déteste même le paradoxe qui existe entre mon cœur et ma raison. Pourtant, ce même cœur est la source de ma détermination. Je suis têtu avec ce qui m’est précieux. Mon amour est un trésor aussi inestimable que cette volonté de faire honneur à mon père. Cet homme que je respecte. Ce père que j’aime, sans avoir jamais réussi à le formuler ou le montrer.

    D’ailleurs, je me demande parfois ce qu’il penserait de mes idées. Elles sont surtout tournées vers le Peuple, plus que vers les Dieux. Je vénère bien ces-derniers, même si mes rites sont surtout envers Dingir. Pourtant, je me demande s’il est vraiment bon que la religion soit aussi le cœur de nos lois, de notre justice. Penser ainsi est un crime. Remettre en cause l’ordre établit ne peut qu’être synonyme de chaos. Alors, je me tait. Et à défaut de pouvoir changer, à mon statut, les choses… j’essaie de devenir un homme digne de l’amour et de la confiance du peuple. Je veux le servir, je veux l’aider à grandir. Je souhaiterai d’avantage l’impliquer dans le fonctionnement de notre royaume. Je me sens bien souvent plus proche de lui, que des clans…

    Arrivé dans ma chambre, je retire mon collier favori et laisse tomber cette attitude noble pour choir entre quelques draperies. Sur le dos, en regardant le plafond, je retiens un soupir las. Je ne dois pas faiblir, jamais. Alors, une légère flamme se rallume dans mon regard gelé. La flamme de la détermination. Mes idées sont nombreuses, mais incertaines. Je dois encore les construire afin de me montrer aussi solide dans mes idéaux que lorsque je serre le pommeau d'une lame. Tout ce que j’espère, à présent, c’est de trouver comment m’y prendre…
    Physique

    Tel un murmure, tu te faufiles entre les piliers qui maintiennent la grande bâtisse de pierre. Le pas assuré, tu es prudent dans ton avancé. Voilà la tapisserie que tu recherches, et te glissant dans le passage qu’elle dissimule tu prends le chemin vers l’interdit.
    Arrivé, tu sens l’odeur du linge propre. Cette sortie mène directement dans une penderie, mais peu t’importe. Tu laisses glisser ton regard, petit voyeur que tu es, dans l’embrassure du placard. De là, tu l’observes.

    Aesh Frère-des-Justes est étalé au milieu de coussins confortables. Une toge colorée dissimule les parties les plus outrancières, que tu aimerais pourtant connaître. Cependant, tu ne peux manquer sa peau d’une rare pâleur pour un kigallu. Sa chevelure y fait écho, et même si elle est étrangement désordonnée elle ne retire rien au charme du prince.
    Tu le vois se redresser. Sa musculature attire ton regard, son corps n’est pas forcément le plus massif que tu ais vu, mais il n’est pas une brindille pour autant. Le résultat d’un entraînement rigoureux, et régulier, depuis le plus jeune âge se tient là. Quelques fines traces te semblent plus blanches lorsqu’il passe prés d’une lampe. Des restes de cicatrices, probablement dû à ses entraînements ou des affrontements que tu ne peux que fantasmer.

    Devant sa coiffeuse, tu le vois retirer ses nombreux bijoux fait d’or et de pierres précieuses. Ses mains te semblent d’abord douce, mais tu en aperçois la rugosité et les cales lorsqu’ils déposent ses biens face à lui. Tu l’entends soupirer, alors qu’il se passe un onguent sur une parcelle de peau rougie. Assurément, la chaleur et le soleil des derniers jours a laissé quelques traces.
    Tu l’observes retirer le maquillage qui fait ressortir le bleu glaçant de ses yeux. Cette peinture rougeâtre qu’il affectionne particulièrement.

    Et alors que toute trace de poudre à quitter son corps, tu l’observes se diriger vers son lit. La toge glisse le long de sa taille, et passe sur des cuisses que tu aurais crues plus fines. Tu l’aperçois, nu, se diriger finalement vers la penderie. Sa grandeur, son mètre quatre-vingt cinq, te captives autant qu'elle trahit ses origines. Déglutissant, tu ne peux que fuir par ce petit passage secret que tu as découvert par hasard. Tu ignores s’il en connait l’existence, mais tu ne veux point qu’il te trouve là. Alors, avec un dernier regard pour son nez droit, ses lèvres un peu sèches, ses yeux soucieux en amande : tu fuis. Un autre soir, peut-être, viendras-tu l’observer à la dérober. Qui sait ?
    Mon Histoire

    Impossible de trouver le sommeil. Je quitte alors définitivement mes draps pour rejoindre les bains royaux. Un soupir quitte mes lèvres, alors que je me laisse aller dans l’eau chaude. La vapeur qui se diffuse dans la pièce s’insuffle dans mes poumons, et je ferme les yeux. Dans cet état de semi-torpeur, je ne peux que repenser à ma vie jusqu’ici. Me laisser porter par les souvenirs.

    Ma mère était une femme du peuple, à la beauté étrange, envoûtante. C’était une artiste, une danseuse précisément. Lors d’une prestation pour le Roi, il aurait été charmé par sa douceur, et sa sensualité. De là, elle aurait été invité à rejoindre le sérail. Ma mère, Chatura Rire-de-Rivière, était une personne douce et naïve. Une femme superficielle, trouvant à Marche-sur-le-Verre le charme viril et masculin qu’elle cherchait chez un homme. Je n’ai aucun doute sur le fait qu’il y ait eu complicité et tendresse entre eux, mais je sais aussi que cela ne devait pas être de l’Amour tel qu’on l’entend.

    Le hasard voulu qu’elle soit de celles qui enfantent. Sa grossesse ne fut ni facile, ni difficile. Tout était normal. Mon prénom, Aesh, m’aurait été octroyé par mon père. Je suis le dernier de ses fils, mais pas le dernier de ses enfants. Néanmoins, si je suis resté auprès de ma mère le temps nécessaire pour me sevrer de son lait et de sa présence, je lui fus retiré bien vite. J’étais un prince, et malgré son statut de concubine : elle n’était qu’une danseuse et femme du peuple.

    Confié à une famille du clan du Soleil, je n’avais le droit de voir ma mère qu’une fois par mois et encore. Seulement si j’avais des résultats satisfaisant dans mes leçons. Pouvoir me lover entre les bras de ma parente, l’écouter me parler de ses souvenirs de danseuse itinérante, c’était ma récompense. Alors, je m’appliquais plus que jamais dans mon apprentissage.

    On fit de moi un combattant, un guerrier. L’apprentissage de l’épée me fut inculqué. Je n’étais pas mauvais, mais pas un prodige non plus. Alors, pour mériter ma place, je travaillais encore plus que les autres. J’appris à lire, et à écrire. Aklo et kigallu, je les manipule naturellement. Les écrits aussi avec aisance. On m’envoya alors en maison de sagesse, afin que j’y apprenne ce qui était indispensable à un prince. Rhétorique, tactique, histoire, philosophie, mathématiques et tant d’autres matières. C’est dans l’astronomie que je trouvais un moyen de m’évader, et les mathématiques assimilées à la tactique m’offraient une certaine sérénité. Chaque problème avait sa solution, il fallait simplement agir après une compréhension totale des dits problèmes. La philosophie, j’avais du mal tant il fallait extrapoler, partir sur des ressentis ou des faits incertains.

    Dans tous les cas, mes résultats étaient appréciables alors, je pouvais voir ma mère un peu plus souvent. Je croisais parfois mes frères plus âgés… mais je voyais dans leur regard, et surtout dans le regard de leur mère, la gêne que je représentais. Je suis fils du peuple, plus que du Roi, aux yeux de ces femmes. Et la volonté de ce père qui me félicitait parfois, loin des regards, rendait le poids plus lourd sur mes épaules. Moi, à l’époque, je ne comprenais pas pourquoi père avait plusieurs épouses et n’était pas juste avec ma mère : son amoureuse. J’étais bien enfantin… bien loin de la réalité.

    Néanmoins, je rencontré alors Castia. Ma précieuse petite-sœur. Elle me semblait aussi seule que je l’étais. J’ignore pourquoi, j’ignore comment, mais nous nous sommes naturellement rapproché. Venir au sérail était désormais un moyen de voir ma mère, mais aussi, de passer du temps à jouer avec ma sœur. A être auprès d’elle. Je ne peux regretter qu’une chose, c’est que ma propre mère n’ait jamais porté attention à Castia. La laissant faire face seule aux autres. Le pourquoi de cette action, j’aimerai qu’elle me donne une réponse sur ce sujet, un jour. Était-ce la pression d’une concubine mieux placée, ou simplement l’expression d’une quelconque jalousie ?

    Ma vie était donc rythmée par l’apprentissage et les « récompenses ». Mais quant j’eus neuf ans… je le rencontrais. Penser à lui adoucit les traits de mon visage. Je rouvre les yeux, je me sais faible et fragile à quiconque m’approcherait en cet instant. Alors, je préfère me retirer. Je me sèche à peine, appréciant la sensation de l’eau sur ma peau pâle aux épaules rougies par un coup de soleil. Et une fois dans mes quartiers, je me dirige vers un petit meuble.

    Poussant ce-dernier, je retire ensuite une brique branlante. Dans la cavité de pierre, je sors une boîte de fer forgé. L’absence de poussière prouve l’intérêt que je porte à cet objet. Me plaçant dans les draperies de soie, j’ouvre mon trésor secret. Une jolie plume de pervenche bleue. J’ai un sourire doux, tendre, affectueux en l’observant. Elle me plonge dans cette rencontre du passé, où l’innocence était une félicité.

    Celil. Le contraste évident entre nos deux personnes m’avait rendu curieux. Sans que je ne comprenne pourquoi, sa peau sombre, son regard, la joie qui émanait de lui… il m’avait captivé. Une journée magique, un souvenir inoubliable. Ce jour-là, je ne m’étais pas rendu à mes leçons. Ce jour-là, nous avions joué, nous avions été de simples enfants. Nous sommes devenus amis, et pourtant, lorsqu’il fallut se séparer mon cœur pleurait. Je n’avais pus m’empêcher d’embrasser son front. Il était un peu plus jeune que moi, mais je ne ressentais pas pour lui la même tendresse qu’envers ma sœur qui devait avoir son âge. Non… C’était quelque chose de plus fort, de plus pur, que je ne pouvais comprendre.

    Ce jour-là, j’étais rentré tard. On m’avait puni pour avoir manqué mes leçons et avoir été introuvable. J’avais caché la plume de pervenche bleue pour qu’on ne me la prenne pas. C’était mon premier trésor, et j’espérais le revoir. Mais la garde autour de moi s’était resserrée dans un étau. J’avais trahit la confiance de mes précepteurs. Ce mois-là, et le suivant, on m’interdit toute visite à ma mère et par extension, à Castia.

    Le temps avait continué son chemin. Pendant quelques temps, encore, il m’arrivait de l’apercevoir depuis une fenêtre. Mais mon statut m’était rappelé. Et les remarques sur le siens était perceptible à mon oreille, même si dit dans mon dos. Je ne pouvais pas le rejoindre, pour encore être innocent avec lui. Pour le tenir prés de moi, serrer sa main dans la mienne, et rire avec lui. Vivre en sa compagnie. C’était impossible. La réalité me rattrapait, et je commençais à mieux comprendre ma place, celle de ma mère, celle de mon père et l’injustice de nos différences de castes.

    Alors, je plongeais à nouveau dans mes études, et mon apprentissage. L’astronomie devint pour moi un apprentissage salvateur. Dans les étoiles, je voyais un avenir avec Celil. La rêverie que je devais taire pouvait ainsi vivre, perdurer. Je plongeais aussi dans le culte de Dingir Grand-Père-Tonnerre. Je priais auprès de lui, comme pour connaître mon avenir, mon destin, et celui de ceux m’étant proche. J’y trouvais aussi une raison de persister dans la voie des armes et du combat. Je ne suis pas spécialement belliqueux, préférant la diplomatie aux armes. Mais je ne veux pas paraître faible face à ceux qui me jugent pour mes compétences. Le clan du Soleil a ses critères, et m’a en partit façonné selon leur volonté. Oui, façonné et non aimé.

    Je reposais mon bien dans son réceptacle et vint à saisir un anneau d’or avec une pierre aussi rouge que le sang. Cette bague appartient à ma mère.

    La vue de cet objet me rappelle les soucis apparus au royaume alors que je n’avais que 11 ans. Le comportement étrange des pêcheurs, l’idole sortie de l’eau. Il n’y avait là que des bruits de couloirs, et une certaine panique. Moi, je ne comprenais pas ce qui se jouait, ce qui se passait. Le culte de Derketo fut annoncé, et personnellement j’étais assez stupéfait. Une déesse pouvait naître ainsi, de façon aussi forcé ? Dans la peur ? Je trouve cela étrange, hypocrite, faux. Je ne voyais pas comment il était possible de vénérer une entité car on la craint. Et aujourd’hui, je doute toujours que cela soit la bonne solution.

    Je serrais l’anneau de ma mère. Les yeux fermés, je pouvais revoir ce moment où j’avais découvert une chose que je ne voulais pas connaître. J’avais 15 ans, et ma nuit voilée devait avoir lieu. Depuis déjà quatre mois on m’interdisait tout contact avec ma mère. Chatura Rire-de-Rivière était extrêmement malade et personne ne devait l’approcher. Père lui-même avait interdit qu’on l’approche, et seuls des gens de Derketo étaient en droit de s’occuper d’elle. Une maladie jugée mortelle donc. Pourtant, je ne voulais réaliser cette nuit voilée sans lui parler une dernière fois. Car une fois adulte, je serais alors comme condamné à ne plus la voir.

    Je m’étais glissé dans le sérail. Dissimulé, j’avais utilisé mes talents pour suivre ceux qui devaient aller à ses soins. J’avais alors découvert qu’elle se trouvait à l’écart, dans les profondeurs du Palais. Caché dans l’ombre, j’ignorais que c’était une nuit de pleine lune. Et ce que je vis était une horreur. Ma mère, si douce, aux sourires et au rire si pur se transformait en une aberration entre l’humain et la créature marine. Tremblant, je n’avais put cacher mon malaise. J’avais été démasqué.

    Sous le choc, c’est le roi lui-même qui était venu me réprimander. Ma punition tomba. En plus de devoir garder le silence sur ce que j’avais vu et découvert, cette horreur qu’est la Souillure, je me retrouvais pendant un temps interdit de tout. Prisonnier de mes quartiers, je n’avais le droit à aucune visite. Seuls des parchemins me tinrent compagnie. Je lu beaucoup, et me perdais dans les étoiles dès que je le pouvais. Une année loin de tout, sans pouvoir apercevoir Celil. Sans pouvoir savoir comment évoluer notre peuple, sans parler à ma sœur. Une année de perdue dans la course à la sagesse, la course au trône.

    Peu avant ma Nuit Voilée, alors que j’avais 16 ans, j’eu le droit de me rendre à la maison de la Sagesse. Ma liberté m’était rendue, et on se doutait bien que jamais je ne parlerais de la vérité sur ma mère. Je sais juste qu’elle survit encore, dans la folie et l’horreur qui la ronge. Bientôt, elle rejoindra les profondeurs. Et d’elle, il ne me restera que mon existence et cet anneau.

    Je sens une larme rouler sur ma joue. Du pouce, je l’essuie. Je pose l’anneau dans la boîte. Mon index en redessine le contour, c’est lors de cette période que j’en suis venu à douter de l’intérêt de prier Derketo. Pour moi, cette déesse m’arrache ma mère sans raison. Rire-de-Rivière n’est pas femme à penser ou faire le mal, elle est superficielle certes, mais pas mauvaise. Ce qui lui arrive est injuste.

    Ma main glisse vers un autre de mes trésors. Un mouchoir en tissu. Il est doux et d’une douce couleur carmine. Le parfum qui en ressort est celui de Celil. Ce mouchoir, c’est le sien. Je lui ai prit, lorsqu’on s’est retrouvé. Après mon année de punition, il était temps que je passe ma Nuit Voilée. De plus, on m’annonçait que j’étais fiancé. Moi, je souhaitais juste retrouver celui que j’aimais en secret. Mon garde de l’époque avait pitié de la vie d’ermite que je semblais mener : il m’avait laissé ma journée et ma nuit non sans arrangement. J’étais partit seul, libre. Et je fini par retrouver Celil.

    Je me souviens avoir glissé mes doigts sur ses yeux. Murmurer au creux de son oreille. Je vis les marques sur sa peau, un pincement me prit le cœur. J’avais tellement manqué. Ce jour-là fut notre second jour. Ce jour-là, ce fut aussi comme une promesse. Je ne lui cachai pas la vérité au sujet de mes fiançailles, je ne voulais pas qu’il souffre face au secret. Mais je n’eu pas la force de lui dire dans quel état se trouve ma mère. Il semblait avoir tellement perdu lui aussi.

    Il devait avoir sa Nuit Voilée prochainement lui aussi. Qu’à cela ne tienne, nous nous sommes aimé de façon charnel pour la première fois avant même d’obtenir notre honorifique. Avant d’être des adultes. Un acte idiot dirait certain, mais si précieux pour lui comme pour moi. Lors de notre séparation, j’avais prit son mouchoir avec moi. J’aurais aimé lui laisser quelque chose, mais je n’avais rien qui ne trahirait pas notre lien. Et pour lui qui allait devenir prêtre, ce ne serait pas bon. Je pensais ne plus pouvoir le revoir à vrai dire, mais lorsque nos yeux se rencontrèrent avant la séparation je sût qu’il me rejoindrait. Qu’il trouverait le moyen de se hisser à ma caste sans que je n’aie à mettre en péril ma place et mes ambitions pour lui.

    Notre promesse n’était pas verbale, mais il était clair que je l’attendrais autant que faire se peut. Je le prendrais pour époux, mais pour ça, il doit me rejoindre. Je ne veux pas d’un concubin ou d’un simple amant, je veux une aide, une écoute, des conseils, une présence, mon amour à mes côtés. C’est une idylle, un rêve fou, mais aujourd’hui encore je garde un fond d’espoir de le voir se réaliser.

    Rangeant mon dernier trésor, j’allais tout remettre dans sa cachette. La nuit était assez avancée pour que je puisse contempler les étoiles. Alors, je quittais ma chambre pour les jardins du palais. Sous la voûte céleste, en toge, je contemplais le secret de nos destinées. Une fois ma Nuit Voilée passée, on m’attribua l’honorifique de « Frère-des-Justes » car je ne pouvais garder le silence lorsqu’une injustice me faisait face. Je vis ma chère sœur devenir « Cœur-de-Glace » et se battre contre l’image de son nom. Moi, je vins à fondre dans la politique de notre pays. Côtoyant prêtrise et personnes de clan. Gardant un regard protecteur sur le peuple. Je laissais aussi traîner mes oreilles, l’air de rien, lorsqu’on parlait de celui que j’aimais.

    Apprendre qu’il était prêtre de Sabaoth me tira une pointe d’amertume. Mais il m’arriva de profiter, en secret, de son statut d’alors pour le voir. Notre amour trouvant le temps d’une nuit une excuse à nos étreintes. Puis, il devint hétaïre et moi, je faisais ma place comme combattant et homme d’idées. On me proposa de devenir prêtre de Dingir, mais je refusais en mettant en avant que je ne devais pas me dédier à un seul de nos dieux, mais à tous. Car tel était mon devoir de Prince. Hypocrisie de ma part, mais je doute parfois de notre système sans vouloir vraiment me pencher dessus. La voix du peuple devant passer avant une réforme de notre justice.

    Et me voici à présent. Vivant au palais, cherchant à comprendre les maux qui frappent notre pays. Derketo, la Souillure, ces créatures lors des cycles lunaires… Mais aussi, nos rapports avec les Tunguz, l’injustice qui se faufile dans les rues de Shurug, la perdition et décadence qui nous enveloppent. Quel sera notre avenir Grand-Père-Tonnerre ? J’aimerai parfois le savoir, pour agir au mieux…
    Et Vous ?
    Lou Ainsel, 20 ans ? Ok... bientôt 27...

    Personnage sur l'avatar : Red Lancer / Karna de Fate Apocrypha.
    Comment avez-vous découvert le forum ? Miaou ? trop de liens avec Laughing
    Un petit mot doux ? Je succombe, encore. Mais je vous aime fort !


    Dernière édition par Aesh Frère-des-Justes le Mer 6 Juin - 21:33, édité 10 fois


    Vivre sans amour n'est pas vivre, et vivre dans l'amour sans souffrir est impossible.


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    Tu as bien fait de succomber mouahaha ! Bonne fiche !



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    Il est PARFAIT.
    J'adore la manière dont tu as écris l'histoire, voguant d'un souvenir à un autre via un objet. CEYBO. Bref je valide totalement pour ma part. Laughing


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    Merci Laughing
    Contente que cela te plaise ! ^^


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    DC : Altan-Haydar ★ Varna Parole-du-Doute ★ Tia Soleil-de-Nuit



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    Amra Murmure-à-l'Océan - le Mer 6 Juin - 22:44
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    Félicitations !
    Te voilà validé(e) mon poussin !
    Maintenant que tu as passé la première étape du forum, je t'invite à venir recenser ton avatar sur ce topic histoire que personne ne te pique ta tronche, faire ton petit journal ici même en suivant le modèle et si tu cherches du rp, tu peux poster une demande par ici ! Ceci étant dit, amuse-toi bien sur le forum ! Laughing



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    The Whisperer in Darkness ☽ Along the shore the cloud waves break, the twin suns sink behind the lake. Strange is the night where black stars rise, and strange moons circle through the skies. Song of my soul, my voice is dead, die thou, unsung, as tears unshed, shall dry and die.
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    Date d'inscription : 06/02/2018
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    Age du perso : 19 ans.
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