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    Pritika Fleur-des-Dieux - le Sam 12 Mai - 8:13
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    Elle avait considéré les missives comme des serpents venimeux. Froissés dans sa main tremblante, fragiles oiseaux de papier, Pritika avait essuyé une sueur glaciale. L'invitation était cordiale, le ton doux mais cela n'avait pas suffit à calmer ses craintes. Elle en était certaine depuis qu'Amra l'avait laissée aux thermes : la Haute Prêtresse de Derketo la détestait. Assurément, autant que la jeune hundra n'avait pas confiance en elle-même, elle était certaine d'une détestation fantoche née de la peur d'avoir fait quelque impair diplomatique. Pritika avait toujours un peu fuit autant que possible le pouvoir et les intrigues, deux épouvantails terrifiants lorsqu'on n'était qu'une toute jeune fille intimidée par ceux qui étaient pourtant ses subalternes.

    Celil n'avait pas répondu à sa courte lettre et Pritika s'en était fâchée contre cet ancien prostitué de son temple. Aussi puérilement que cela puisse sonner, elle lui ferait assurément la tête ! Elle s'était risquée à demander son conseil mais l'hétaïre n'avait pas jugé bon de lui répondre et cela avait vexé Pritika plus qu'elle n'aurait voulu l'admettre. Etait-elle donc si insignifiante que même un moins que rien ne jugeait pas digne de répondre à sa question ?

    Pour ne rien arranger, le fait de devoir se rendre au rendez-vous d'Amra avait fuité au temple - Pritika avait dû demander une escorte pour seulement pouvoir s'y rendre et n'avait pas su mentir quand on lui avait demandé quel galant elle allait rencontrer en insistant sur le fait d'y être seule. Devant les balbutiements de la Haute Prêtresse, la rumeur avait enflé et elle s'était faite littéralement capturé par ses prêtresses qui avaient entreprit de soigner son apparence jusqu'au bout des ongles manucurés. Ce n'était pas que l'hundra détestait prendre soin d'elle - bien au contraire ! - mais elle avait peur que la prêtresse de Derketo s'imagine quelque manigance pour la séduire. Ne l'avait-elle pas raillé en disant qu'elle était fragile et jolie quand c'était tout le contraire ?

    Vêtues de voiles de soie colorée dans des dégradés de orangés qui laissaient deviner un ventre musclé mais un corps épais, Pritika marchait d'un pas nerveux, entourée de ses gardes. Des chaînes d'or et de pierreries ornaient ses cheveux roux, cascadant sur sa nuque et des bracelets d'or tintaient à ses poignets et chevilles. C'était un peu trop ostentatoire et la jeune fille en aurait pleuré de dépit : sans doute que l'autre hundra penserait à quelque tentative licencieuse. Après tout, elle avait bien entendu ses prêtresses chuchoter qu'elle pourrait au moins faire ça de bien que de resserrer les liens entre les deux temples au sens littéral depuis que Murmure-à-l'Océan boudait sa prostituée. Après tout, elle était le genre de fille à séduire les gens de pouvoir pour arriver à ses fins.

    Bien sûr, Fleur-des-Dieux savait bien que tout le monde pensait qu'elle avait séduit l'ancien Haut Prêtre pour prendre sa place mais l'entendre encore une fois lui avait percé le coeur : elle n'avait jamais voulu tout ça, ni être au dessus de qui que ce soit. Elle avait serré les dents pour ne pas pleurer, pour continuer à faire comme si de rien n'était. Sous la garde de trois hommes, la jeune hundra leva le nez vers l'azur translucide d'un matin paisible. Il était tôt et la ville encore baignée de fraîcheur ne s'éveillait que doucement au rythme des commerces qui ouvraient peu à peu. Devant une devanture attrayante, la petite prêtresse s'arrêta pour acheter quelques dattes fourrées et pâtisseries au miel, n'en ressortant que plus éprouvée par la manière qu'avaient le peuple de s’aplatir devant elle pour la remercier infiniment de faire ses achats dans leur échoppe. C'était embrassant. Et harassant, à la longue. Elle n'avait que réalisé qu'elle n'avait rien prévu pour Murmure-à-l'Océan pour la remercier. Elle n'avait pas vraiment envie de dire merci pour se faire railler mais enfin... Elle lui avait manqué de respect et c'était légitime.

    Devant l'agréable petite maison au bord de l'eau, le coeur de Pritika se serra à l'en étouffer. Fermant les yeux, elle toqua timidement, faisant les gros yeux à ses gardes pour qu'ils partent, le paquet de dattes bien emballé dans les bras. Le regard fuyant, la jeune fille prit une grande inspiration et se prépara à se jeter dans la gueule du loup.


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    Amra Murmure-à-l'Océan - le Sam 12 Mai - 14:32
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    Assise à côté de son grand frère l'espoir, la tendresse attend et soupire.
    Ryuichi Sakamoto - Forbidden Colours Dans sa litière défaite et rompue d'une nuit trop agitée pour être honnête, Murmure-à-L'Océan recherchait dans les draps emmêlés une présence imaginaire. Ses yeux s'ouvrirent paresseusement vers le vide qu'avait laissé une femme de passage, fleur des rues payée quelques shekels pour la tranquillité de son âme affamée de sensualité. Une addiction en entraînait une autre : elle s'abrutissait de drogue et de femmes, la tête lourde et la gorge en feu, une souffrance taraudant son ventre, nouant ses viscères en quelques gargouillis sonores. Ses mains tâtonnèrent entre les coussins soyeux pour trouver un appui, voûtée sur sa couche, la tête dodelinante. Les choses ne changeraient pas de sitôt : comment ne pas désirer ces brunes beautés aux yeux sombres, la rigueur de leurs douces mains, qui la guérissaient et la blessaient tout à la fois ? Toute une nuit au milieu de leur bras, dans d'amoureux combats qui finissaient sans vainqueur. A la fin, vaincue et conquise, elle n'avait rien gagné d'autre que le plaisir d'oublier ; le plus grand d'entre tous les plaisirs, le seul qui l'apaisait réellement.

    La matinée était a ses balbutiements lorsqu'elle se leva, se traînant vers le bassin à l'arrière de la petite maison de pierres blanches pour faire des ablutions et prendre soin d'elle car elle recevait dans quelques heures. Être seule avec elle-même lui faisait du bien. Loin du temple, loin des Éphores et de leurs ordres. Loin de Chaste-du-Cœur et de son abnégation qui devenait souvent gênante, et du lourd regard de Derketo, cette déesse imaginaire qui pourtant demeurait partout autour d'elle comme un index accusateur. Prendre le temps de se soigner, de se parer et de se faire jolie toute seule était un luxe qu'elle goûtait avec un appétit féroce, enfin capable de faire le moindre geste sans une ribambelle de serviteurs. Du khôl très sombre pour étirer ses yeux, discrètement rehaussé du même or qu'elle avait vu sur les paupières de Langue-de-Miel. Ayant trouvé cela joli et raffiné, Amra avait emprunté ce détail à son père, se fixant un moment dans le miroir pour vérifier son teint ; elle était toujours aussi livide, plus de jour en jour et le maquillage ne faisait que travestir sa carnation à présent lunaire, la peau froide et halitueuse.

    L'hundra se coiffa simplement, ses cheveux blonds cascadant en mèches lourdes sur ses épaules frêles mais bien découplées. Parce qu'elle était coquette, que la société lui avait appris à se couvrir d'or et de pierres pour ne pas se sentir nue, tout en exigeant d'elle qu'elle cache tout ce qui faisait d'elle un être qui différait des autres humains. Elle dissimulait sans mal ses branchies sous un étroit collier d'anneaux d'or doublé de cuir pour ne pas se blesser, et le reste de son corps sous un cafetan ample au tissu léger, fendu sur un côté jusqu'aux hanches pour la laisser libre de ses mouvements. Le vêtement était simple, sans broderie ni motif, simplement noir avec un large décolleté que dissimulait un excentrique pectoral de perles de bois colorées qui retombait sur sa poitrine et jusqu'en dessous de son nombril. Elle aimait les beaux bijoux, les parfums d'eau de rose, le khôl et le henné. L'or et le cuir sombre, à la fragrance riche d'ambre et de musc. Le noir autour de ses yeux cachait ses cernes, l'or sur ses mains distrayait de leurs tremblements de manque. La Haute-Prêtresse compléta sa toilette de jolies boucles d'oreilles et d'anneaux reliés par des chaînes d'or sur ses mains, l'extrémité de ses doigts - tout comme de ses orteils, peints de noir, symbole du clergé de Derketo.

    Murmure-à-L'Océan attendait son invitée avec une boule au ventre. Au fond de son cœur, un germe de tendresse n'attendait qu'un sourire chaleureux pour se développer ; elle était maladroite pour se faire des amis, se montrant en général lascive là où elle devait être simplement amicale. L'hundra confondait intérêt et séduction, n'ayant jamais eu de proche au delà de la simple connaissance en dehors d'Hurrem qui avait été pour elle une sœur autant qu'une amie. La tendresse lui semblait reposante, comme si elle était une affaire de passion contenue, quelque chose de pur et d'un peu enfantin. Elle qui était un être de licence, de passion comme de dépression était plus généralement en proie à des émotions tourmentées, intenses et pathétique. Pourrait-elle devenir simplement amie avec Fleur-des-Dieux ? Partager quelques pâtisseries et un peu de thé, quelques paroles, échanger certains sourires, peut-être ? Ses yeux regardaient un peu dans le vide lorsqu'elle entendit toquer à sa porte, l'attention dédié au bruit de la mer et de ses remous lointains. Chargé du devoir divin d'hospitalité qu’exigeait Dingir, l'hundra accueillit son homologue sur le seuil de la petite maison. Elle était modeste bien qu'elle fut la demeure d'un Haut-Prêtre et personne ne pouvait se leurrer : ce lieu n'était qu'une simple garçonnière pour Amra, qui se contentait d'y recevoir des prostituées.

    L'hundra eut un sourire à la fois vague et sincère à l'adresse de Pritika, l'invitant à entrer sans rien dire, fermant la marche. La maison était petite mais chaleureuse, un peu en désordre. Il y avait une harpe et un oud dans le fond de la pièce, ainsi qu'un grand narguilé avec deux pipes proche du lit défait. Des coussins jonchaient le sol de ce qui semblait être à la fois le salon et la chambre, unique pièce du lieu avec une toute petite salle d'eau. Il flottait une odeur d'encens, de tabamel et de fruits. Un ouverture masqué par un beau rideau de perles de bois menait sur une minuscule cour intérieure encadrant un bassin d'eau claire, on l'on pouvait se baigner. Elle mena la rousse jusqu'à bord de ce dernier, ayant disposé quelques coussins et draperies pour en faire un coin agréable bien qu'improvisé à l'ombre, tout en profitant de la chaleur du soleil. Son vêtement sombre et ample et son pectoral lui donnaient l'air encore plus grande et fine qu'elle ne l'était en réalité.

    "Je t'en prie", dit laconiquement l'hundra en désignant une place à l'ombre à son invitée, "je vais faire du thé, tu en veux ?"

    Rien que des banalités dites d'une voix traînante, un peu nasillarde comme si elle venait de se lever il y avait quelques minutes à peine. Par réflexe, elle posa une de ses mains sur l'épaule de l'autre hundra lorsque cette dernière s'assis, ayant un sens de la bulle privée tout personnel. Sa peau était d'une douce moiteur, fraîche malgré la chaleur de l'air. Elle quitta un instant Pritika, toujours sans rien dire pour entrer dans la maison et revenir avec un large plateau avec deux verres très décorés et une jolie théière en étain ouvragée, à longue hampe. Elle s'assit en face de son invitée, posant le tout entre elle pour commencer la confection du thé. Elle demeura un long moment silencieuse, peu douée pour engager les conversations. La blonde avait cependant l'air plutôt habile pour faire du thé : sous le petit feu qu'elle avait allumé, elle fit bouillir de l'eau à laquelle elle ajouta une botte de menthe verte fraîche, des pignons de pin, de la sauge, de la verveine, du miel et de la cannelle ainsi que d'une grande quantité de sucre. Elle laissa le tout bouillir puis infuser plusieurs minutes, cherchant quelque chose d'intelligent à dire mais ne trouvant que des salamalecs un peu idiots.

    "Hm... je n'ai pas l'habitude d-de...", elle s'embrouilla, prenant un air penaud puis haussant les épaules, "pardonne-moi."

    POur se donner un peu de contenance, Amra remplit un verre qu'elle renversa aussitôt dans la théière, de façon à oxygéner l'eau et donner plus de goût à l'infusion. Elle goûta plusieurs fois son mélange pour déterminer s'il était buvable ou pas, et rajouta un peu de menthe et de sucre, s'imaginant que son invitée avait - à raison - la dent tout aussi sucrée qu'elle-même.

    "Tu aimes les pâtisseries ?", lui demanda-t-elle bêtement, "j'ai des makrouts aux dattes et des cornes de gazelles. Sinon...", elle rapprocha un plateau de pâtisseries et un autre, plus petits de fruits, "j'ai des figues, de la grenade et un peu d'abricots séchés."

    Finalement, à court de politesses fade, l'hundra retourna à son thé en le servant habilement de très haut, déposant une fine corolle de mousse au sommet des jolis petits verres. C'était, aussi surprenant que cela puisse paraître, son père Ashur Coeur-de-Tigre qui lui avait appris à faire le thé. Il le servait trois fois, laissant le thé et la menthe dans la théière pour qu'il continue à infuser pour que la boisson se corse au fur et à mesure. Murmure-à-L'Océan sourit un peu aux anges, se souvenant de ce qu'Ashur avait l'habitude de dire sur le thé....

    "Mon père disait que le premier verre est aussi doux que la vie, le deuxième est aussi fort que l'amour et le troisième est aussi amer que la mort. C'est joli et un peu triste à la fois...", encore une fois perdue dans ses pensées un peu incohérente elle releva la nifle de son ouvrage et tendit son verre à Pritika, "excuse-moi, je suis dans la lune assez souvent. Attention à ne pas te brûler."

    Le silence reprit sa place entre les deux hundras et Amra, s'installa plus confortablement, croisant ses longues jambes de manière un peu maladroite tout en prenant son verre de thé dont la fragrance lui rappelait ces beaux jours calmes et lointains où son père vivait encore et sa sœur était encore sa meilleure amie. Elle se perdit à nouveau dans ses pensée,s la tête basse, buvant en silence en fermant les yeux.
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    Pritika Fleur-des-Dieux - le Dim 13 Mai - 15:54
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    La porte se referma derrière Pritika comme se referma autrefois la porte d'une temple aux plaisirs sur une obscure hundra insignifiante.
    dans ce petit matin d'or pâle, on avait envoyé la Haute Prêtresse comme l'on enverrait quelque fille de joie. Brebis sacrificielle qui marchait à petits pas derrière Amra, les mains serrées sur le panier orné de fleurs qui contenait les gâteaux qu'elle avait acheté plus tôt. Les yeux rivés sur les dalles, quelque chose en Pritika savait que c'était de ces lieux où l'on ne fait qu'y voir quelque femme de passage mais son esprit encore trop enfantin refusait de mettre les mots sur cette sensation diffuse.
    L'endroit était beau et Pritika docile vint s'installer sur les coussins confortables, se retrouvant dans ce nid entre l'ombre et la lumière, où le bassin amenait une fraîcheur bienvenue. Un carré de ciel bleu et les murs blanchis à la chaux comme décor à ce qu'on avait voulu pour elle. Le bruit délicat des tintements de leurs bijoux se confondait au silence qui avait quelque chose de réconfortant pour Pritika.

    Est-ce que les prêtresses avaient eu raison ? Peut-être qu'Amra ne voulait que se jouer de l'impudente qui avait eu un mouvement de recul envers elle? Peut-être aussi ne voulait-elle que partager un moment entre hautes prêtresses ? Peut-être oui. C'était ce que Pritika voulait croire malgré sa peur. Elle hocha finalement la tête quand Amra proposa du thé. Parce que cela occuperait ces silences qu'elle ne savait meubler non plus. L'eau fraîche toute proche ondoyait à peine, donnant des reliefs aux mosaïques colorées et elle en observa les mornes circonvolutions jusqu'à ce que Amra revienne. La sensation des doigts de la prêtresse de Derketo sur son épaule lui avait tiré un sursaut mal réprimé, bien qu'elle se soit mordue la langue pour ne pas faire une nouvelle bêtise.

    Fascinée par les gestes sûrs et précis d'Amra préparant le thé, Pritika s'abîma un moment, retenant un peu son souffle. Comme c'était joli, lorsque Murmure-à-l'Océan le faisait... Les bagues reliées de chaînes des mains aux doigts peints de noir dansaient comme de longues araignées blafardes et cela avait quelque chose de beau. Pritika aurait aimé elle aussi "être au moins bonne à quelque chose" comme disaient les prêtresses sans même trop s'en cacher. Elle n'était pour elles qu'une noble désargentée et paysanne, qui préférait le foin à la soie et les biscuits aux choses importantes de la vie. Pritika aurait parfois aimé ne pas les entendre tous. Ne pas souffrir un peu plus chaque jour de ce mépris pas même voilé.
    Amra lui semblait belle, dans cette lumière d'or : fine, éthérée, beauté diaphane aux longs cheveux délicats. Pritika émergea finalement de sa transe silencieuse, papillonnant des yeux comme au sortir d'un songe pour répondre en bredouillant bêtement : "Heu oui... J'aime les gâteaux... je...  heu... d'ailleurs c'est pour toi. J'ai pris un peu de tout parce que je ne savais pas si tu aimais... Désolée..." Elle tendit tardivement le panier qu'elle n'avait pas su donner avant sans avoir l'air encore plus gourde qu'elle ne le fut à cet instant où elle fuit les yeux carmins de l'autre Hundra en la sentant prendre le présent en frôlant à peine ses doigts.

    Finalement, le thé meubla un silence qui persistait en dépit de leurs efforts et Pritika écouta Amra lui parler de ce que disait son père, sentant sourdre la mélancolie de la prêtresse de Derketo.
    "C'est beau. Mais c'est triste aussi..." La mort était une chose encore vive dans son esprit, elle qui avait perdu son seul ami et amoureux et Pritika baissa ses yeux carmins sur le petit verre de thé qu'elle prit à trois doigts pour ne pas se brûler, soufflant doucement dessus. Elle enfouit un peu de sa détresse pour faire un sourire timide à son interlocutrice.

    Aspirant un peu de thé brûlant du bout des lèvres, Pritika finit par dire d'une voix maladroite. "Tu es très jo... heu les bijoux sont très beaux. Ils te vont très bien." Elle s'emmêlait dans ses politesses en rougissant, se sentant juste idiote et empotée. "Le... thé... Il est très bon. Merci."
    Elle bredouilla, inepte dans les affaires de sociabilisation. Au fond, c'était sincère et son admiration pour cet autre Hundra si délicat et élégant transparut un instant dans son regard timide. "Tu es douée pour le préparer. Le thé."


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    Amra Murmure-à-l'Océan - le Dim 13 Mai - 20:37
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    Fais de ta plainte un chant d'amour pour ne plus savoir que tu souffres.
    Ofra Haza - Im Nin'Alu La compagnie timide de la Haute-Prêtresse de Sabaoth mettait quelque peu Murmure-à-L'Océan mal à l'aise, mais elle fit bonne figure en occupant les silences de petites politesses qui lui demandaient de l'attention. L'hospitalité, douce comme le miel qui recouvrait les pâtisseries, comme le sucre qui fondait dans le thé bouillant dont la fragrance forte embaumait la petite cour intérieure. Il faisait chaud à l'ombre des petits murets mais le bassin apportait une humidité bienvenue, bordé de quelques fleurs qu'on entretenait pour l'hundra, qui n'avait jamais eu l'attention nécessaires pour faire vivre ces petits détails comme la vie des végétaux. Rentrant dans la maison pour chercher ce qu'il fallait pour préparer du thé à la menthe, elle captura la sensation de l'épaule tremblante de l'autre hundra avec un sourire vague et un peu négligent ; c'était une personne tactile malgré son côté réservé, en constante demande malgré son attitude absente, voir distante. Amra se rassit enf ace de son invité et se perdit dans la confection du thé pour ne pas avoir à parler plus que de raison : elle ne savait trop quoi dire et préférait éviter de le montrer par quelques creuses paroles, qui étaient sa spécialité. Elle était dans la lune, même quand comme aujourd'hui elle était lucide, la tête hors des vapeurs sirupeuses de l'opium ou de l'herbe. Ce n'était pas une personne qui remarquait les détails, comme l'attention dispersée de Pritika sur ses propres gestes.

    L'entendant lui répondre qu'elle aimait les gâteaux tout un bredouillant avec timidité, la blonde eut un sourire à la fois tendre et indulgent - cette petite était adorable - pour finalement pousser le plateau de douceurs vers son invitée, du dos de la main dans un geste lent et paresseux. Ses doigts noirs dansaient sur l'étain et le verre avec une habitude consommée que lui avait enseigné son père, et le thé meubla mieux que les mots ce silence qui n'avait rien de malaisant, bien au contraire. Respirant l'arôme de la boisson, Amra demeura sans rien dire pendant de nombreuses minutes, répondant à Pritika à retardement en prenant le petit panier tressée de fleurs.

    "Oh...", elle eut l'air un peu interdite de l'attention, et eut un lent sourire endormi, regardant les fleurs, "... fleurs de lavande", elle sourit bêtement en guise de remerciement, l'attention attirée plus par les fleurs que les dattes, "... Dévotion et silence... Tu as le sens du détail."

    Leurs doigts se frôlèrent et Amra profita à la volée du contact avec l'autre hundra. Elle la remercia d'un sincère hochement de tête mais sans plus rien dire, disposant les dattes fourrées sur le plateau avec le reste des fruits et gâteaux, se suçant un instant le pouce et l'index à cause des fruits collants et charnus. Dévotion et silence, parfait pour elles deux, en observant bien. L'hundra eut un sourire poli et timide, mais silencieux. Sa mélancolie était lisible sur ses traits éternellement comme abattus, les yeux toujours un peu humides et cafardeux, le visage toujours un peu malheureux. Elle hocha simplement du chef au début de discussion sur les paroles de son père sur le thé, ne désirant pas s'y étendre.

    "Ce qui est beau devient vite triste."

    Qu'elle aimait cette sensation qui bloquait sa poitrine de sanglots qui ne venaient jamais. La mélancolie, ce pernicieux bonheur d'être triste, était son sentiment préféré et d’instinct ses pensée divergèrent vers Hurrem, fixant Pritika d'un air à la fois mou et niais mais également particulièrement taciturne. Hurrem... Ton sourire me manque... mais le mien me manque encore plus. Elle releva la nifle sur son invitée, se souvenant qu'elle faisait de son mieux pour combattre son besoin de mélancolie. Cette fatigue qui entrait dans son âme, elle l'aimait et la chérissait mais savait qu'elle était également sa chute. Peut-être que cette fille... elle n'était pas Hurrem, mais un bonheur imparfait valait mieux qu'un amour impossible.... n'est-ce pas ? Amra détourna soudain le regard en piquant un fard à cette idée ; qu'elle était bête, quand elle s'y mettait. Elle laissa Pritika boire tranquille, la tête basse, perdue dans ses pensées. Et Chaste-du-Cœur ? Tout était si stupide, tout était à sens unique : on ignore toujours ceux qui nos aiment, et on aime toujours ceux qui nous ignorent. C'était sans fin, et elle sentait que si elle parvenait à s'attacher à l'hundra, même superficiellement, cette dernière ne serait jamais intéressée par elle.

    "Hm ?", souffla l'hundra en portant sa main à son pectoral un peu ostentatoire, le rouge aux joues, "toi aussi. De toutes tes parures, c'est ton sourire qui est la plus jolie."

    Elle avait bien compris qu'on parlait de joliesse et non pas de raffinement, répondant un peu bille en tête, sans réfléchir. La Haute-Prêtresse de Derketo hocha une nouvelle fois poliment du chef lorsqu'elle fut complimentée sur son thé, mais n'ajouta rien. Elle préféra se saisir d'un poignard et d'un bout d'étoffe dans lequel elle avait roulé une grenade pour ne pas se souiller les doigt du jus du fruit, le coupant intelligemment au deux extrémités avant de le fendre en deux, tout doucement. Elle osa les deux bouts sur le plateau d'étain, et mit à la disposition de son invité des petits piques de fer pour saisir les grains de grenades sans en avoir plein les doigts. Amra eut l'air gênée du nouveau compliment de Fleur-des-Dieux, rougissant en cachant le museau dans son verre de thé pour le siroter plus que le boire, poussant du dos de l'autre main - le geste avait toujours cet aspect paresseux si étrange - le plateau vers son invitée.

    "Aimes-tu la musique ?", demanda gentiment Murmure-à-L'Océan pour masquer son trouble, "veux-tu que je te joues ou te chante quelque chose ?"

    L'hundra essayait d'être aimable et accueillante malgré sa nature taciturne et cafardeuse, ce qui n'était pas gagné. Mais elle était gentille en diable quand elle s'appliquait, douce et délicate avec les autres quand elle ne dormait pas à moitié. Frottant ses pieds l'un contre l'autre à la manière d'un enfant gêné, une question la tarauda soudain, et elle se risqua à la poser :

    "Est-ce que comme moi, tu auras voulu faire autre chose que diriger un temple ?", le ton avait quelque chose d'innocent, d'enfantin, "... qu'aurais-tu aimé faire, si tu n'avais pas été...", elle chercha son idée, repensant à tout ce qui lui était impossible à faire, "... hundra ?"

    Voilà ce qui était leur premier point commun : Pritika et Amra étaient tout deux élus des dieux, interdit de mariage, destinés à la prêtrise. Elles étaient toutes deux hundras, des oiseaux dans des cages dorées avec sûrement des aspirations tuées dans l'oeuf, ou qui survivaient en cachette. Quelle étaient celles de Fleur-des-Dieux, qui portait la voix du Dieu-qui-Rêve ce monde bien étrange ?
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    Pritika Fleur-des-Dieux - le Dim 13 Mai - 21:36
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    Il y avait beaucoup de silences entre elles, songeait Pritika, qui espérait que cela ne gêne pas l'autre hundra. Les choses telles que se faire des amis étaient étrangères à Pritika, qui était de ces êtres qui ne s'expriment qu'au contact de leur passion exclusive. Les chevaux seuls connaissaient une facette différente de cette drôle de fille qui savait danser avec eux. En dehors de ce sujet, elle était bien empotée et, devant la tirade d'Amra sur la lavande, la jeune fille piqua un fard et baissa le nez sur ses mains.
    Elle n'osa pas dire qu'elle n'avait pas choisi le panier et sa décoration, n'y connaissant strictement rien en fleurs et encore moins en leur langage secret. Elle fut rassurée que ce soit quelque chose qui ne soit pas embarrassant... Et si ces stupides fleurs l'avaient mise encore plus dans l'embarras auprès d'Amra ?

    Elle prit un abricot confit, le mâchant lentement pour se donner l'excuse nécessaire à son silence, fixant un moment les circonvolutions de la fumée du thé dans l'air déjà chaud. Les voiles de soie, mélange de mousselines vaporeuses aux dégradés d'orangés dévoilaient le ventre ferme et les courbes de ce corps si étrangement féminin là où elle n'était finalement qu'une sorte de chimère.
    Après un nouvel abricot, se léchant légèrement le bout des doigts dans un instant de rêverie paresseuse, l'hundra tourna ses yeux clairs sur la seconde prêtresse. Amra lui faisait un peu peur, avec son air sinistre, ses propos empli de mélancolie. C'était comme une eau froide dans la chaleur de l'été et elle frissonna. Ce culte dont elle était l'égérie était si sinistre... Et le sien était tout son contraire. Cela créait comme une étrange terre de contraste entre deux êtres paradoxalement plus proches que tout ce qu'elles auraient pu imaginer.

    Au compliment d'Amra sur son sourire, la jeune fille en rougit jusqu'aux oreilles, détournant les yeux pour se cacher derrière quelques mèches de ses cheveux roux. Comme elle ne trouva rien à répondre, elle avala douloureusement sa salive et préféra fixer un point sur le coussin coloré dans lequel elle s'enfonçait. Elle préféra boire un peu de thé et picorer quelques grains de grenade, l'air un peu distante par gêne plus que par mauvaise nature.

    "La musique ? Ho... heu oui. Tout le monde aime ça, non ?" Elle s'embarrassa toute seule, la petite prêtresse de Sabbaoth. "Tu sais faire tellement de choses..." Elle s'émerveilla un instant telle une enfant, les yeux brillants d'une admiration sincère avant de rougir un peu, coupable mais de quoi..? Elle même ne servait strictement à rien et ses danses étaient nulles.
    En vérité, Pritika savait danser avec ses chers chevaux et ce spectacle aussi rare qu'un peu magique dans la clarté diaphane de matins métalliques n'était observé que par de rares matinaux. L'on comprenait alors pourquoi est-ce qu'un homme avait un jour vu en cette Fleur quelque chose que les autres ignoraient. Une âme qui brillait alors de mille feux, à l'instar de ses pierres qui ne se dévoilent qu'entre les mains de celui qui les taille.

    La question d'Amra la troubla et la jeune femme se renferma légèrement, se repliant doucement sur elle-même, les mains autour du verre de thé comme si l'idée la glaçait. Une hundra... Bien sûr... Si elle était née femme... Si elle n'avait été qu'une Innana comme les autres...
    "... Je... N'ai jamais voulu diriger quoi que ce soit." Se défendit en piaulant la jeune hundra avant d'inspirer un peu trop vite, ce qui la fit tousser, manquant de se renverser un peu de thé brûlant sur les cuisses. Elle posa le verre. Ce serait plus prudent. Puis, promenant ses doigts sur le petit pic à grenade en étain, le fit tournoyer machinalement. "Je ne dirige d'ailleurs pas grand chose." Ca n'avait été qu'un murmure. Diriger un temple ? Ses propres subalternes passaient plus de temps à se moquer qu'à se préoccuper qu'elle décide de quoi que ce soit. De toute façon, Pritika ne voulait rien décider, elle ne voulait que demeurer auprès de Kiral.
    "J'aurais... J'aurais repris le haras de mon père." Dit-elle finalement après un long silence. Comment allaient les chevaux dont ce dernier prenait tant soin, maintenant que son père était mort et elle-même cloîtrée ?

    L'envie de pleurer monta d'un coup mais elle se retint, pinçant fort les lèvres, refoulant cette peine qui l'engloutissait comme un océan obscur un navire en avarie. Elle mit du temps pour demander elle aussi : "Et toi ? Tu aurais voulu faire quoi ?"

    Pritika se calma d'elle-même dans le réconfort de quelques biscuits au miel, posant ses yeux fardé de noir sur le visage d'Amra. Quelle semblait triste elle aussi... Seule et mélancolique, avec sa beauté éthérée et la poudre d'or qui chamarrait ses yeux. Mue par une stupide impulsion, la prêtresse de Sabaoth se décala légèrement et surmonta son angoisse pour poser le bout de ses doigts orné de volutes de henné sur le dos de la main d'Amra.
    Elle aurait voulu lui dire qu'elle n'était sûrement pas toute seule et qu'une personne qui lui semblait si douée et prévenante devait certainement charmer les âmes de ceux qui vivaient avec elle. Pourtant, elle savait qu'Amra fuyait quelque chose dans les rêves de Sabaoth et elle ignorait quoi, si ce n'était que des rumeurs propagées par des commères auxquelles elle ne pouvait prêter grand foi.
    Alors, de nouveau, Pritika se contenta de rougir et de regarder ailleurs, retirant ses doigts pour souffler un "désolée" habituel.


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    Amra Murmure-à-l'Océan - le Dim 13 Mai - 23:33
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    Ofra Haza - Im Nin'Alu Le regard d'Amra scruta sans vraiment le vouloir le visage de son invitée qui était tant comme un livre ouvert qu'elle-même pu y lire la gêne qui se peignait sur les traits de Fleur-des-Dieux. Quelle drôle de fille. La blonde demeura un long moment clairement songeuse, la tête inclinée sur le côté. Chacune but et grignota en ornant de son silence une conversation qui n'avait pas vraiment besoin de se faire. Le regard de Murmure-à-L'Océan se posa l'espace d'un instant sur les courbes douces du corps de la rousse ; elle était bien faite, avec un bassin large et des cuisses robustes. Le haut et le bas de son corps marquaient un étrange contraste et elle la pensa bien plus féminine qu'elle-même, fine et sèche, les hanches étroites, toutes en jambes. Elle devina son corps sous la mousseline légère qui dévoilait juste assez pour faire naître un appétit bien licencieux dans son ventre. Elle pourrait être une douce et agréable conquête, une lande de chair à explorer de ses mains, à découvrir de ses doigts et de ses lèvres. Encore une fois l'épicurisme, la facilité et le stupre tenaient Amra, car sa propre chair était faible et prompt à s'enflammer. Seul un bout de peau découvert suffisait. Un seul sourire pouvait la faire chavirer. L'hundra piqua un violent fard en se découvrant en train de déshabiller son homologue d'un regard des plus équivoques et qui n'avait pas pris bon de se cacher. Elle poussa un long soupir avant de se masser l'arête du nez comme si elle était prise d'un début de migraine ; ce qui n'était pas si loin de la réalité.

    Elle la complimentait comme on met du miel sur une pâtisserie pour la rendre plus attrayante. C'était tout sauf subtil mais Murmure-à-L'Océan n'était guère une personne de nuances, quand on apprenait à la connaitre et qu'on passait son apparente délicatesse. Sous ses sourires mélancoliques, sa voix douce et grave et ses manières raffinées l'hundra pensait avec son sexe les trois quart du temps et cela lui jouait bien des tours. Elle regarda Pritika se troubler au point d'en rougir et s'en perturba en écho, une sueur froide coulant le long de sa nuque. C'était difficile de parler avec Fleur-des-Dieux car elle était au moins aussi timide qu'elle, l'innocence en plus. Elle demeura bouche sèche face aux effarouchements de l'autre Haute-Prêtresse, détournant elle-même le regard de gêne. On récolte ce que l'on sème et ici, c'était le trouble qui répondait au trouble. On aurait dit deux gamins maladroits qui imitaient une conversation d'adulte, mais qui ne savaient se répondre en réalité. Amra préféra alors boire un peu de thé avant d'empiler quelques coussins derrière elle pour s'adosser, à moitié assise, à moitié couchée. Elle avait l'air éreintée de vivre, affalée ainsi dans la soie et le velours : l'image même de la décadence Kigallu, une beauté endormie couverte de breloques au regard absent.

    "Je l'ignore...", elle ferma les yeux, goûtant à l'obscurité derrière ses paupières, tout juste traversées d'un peu de lumière, "c'est peut-être juste du bruit qui pense."

    Amra disait souvent des choses bizarres, qui semblaient hors de propos à la plupart des gens. Elle sourit énigmatiquement en rouvrant les yeux pour regard Pritika sans plus rien dire, sans même répondre à son compliment. Oh, par les dieux, elle ne savait guère que servir le thé, être belle et se taire, jouer de la musique comme une vraie petite bonne femme d'intérieure et sourire quand elle avait envie de pleurer. Mais l'admiration de sa consœur la toucha plus que de raison, et elle lui sourit très simplement, couchée sur les coussins moelleux, les mains croisées sur son ventre échauffé par la beauté innocente de Fleur-des-Dieux. L'hundra ajouta cependant, bien pragmatiquement :

    "Je sais ce qu'on m'a appris."

    Comme tout le monde, finalement. Le temps fut alors aux questions et Amra remarqua le repli de son homologue, qu'elle aurait pu prédire malgré son manque global de jugeote ; cette fille était bien trop semblable à elle dans ses réactions pour qu'elle ne la comprenne pas en surface. Elle eut un sourire indulgent, comme pour lui signifier qu'elle ne désirait pas la pousser à la confidence et gratter sous le vernis des apparences pour ne pas la mettre plus mal à l'aise. Elle se doutait que tout comme elle, Pritika n'avait pas choisi sa position et ne se sentait pas de diriger quoi que ce soit, ce qui gonfla son pauvre cœur de la compassion nécessaire pour se sentir à nouveau entraîner dans un curieux sentiment de tendresse presque douloureux. Cette souffrance était délicieuse, faisant sourire Amra d'un air bienheureux et triste à la fois. Elle aimait confusément se faire le cœur gros de tout et de rien ; surtout de rien. Toujours couchée comme un gros chat paresseux, son regard rubicond suivit le verre que l'hundra posa,  se refermant immédiatement comme le ferait une poupée qu'on coucherait sur le dos.

    "Je ne dirige pas grand chose non plus", admit-elle d'une voix traînante, dodelinant de la tête dans une attitude étrange, "tu aimes les chevaux ?", demanda Amra pour changer de sujet et avoir l'air de s'intéresser à quelque chose, bien que sa voix manquait un peu d'entrain comme à son habitude.

    Le long silence précédant la réponse de Pritika ne lui avait pas apparut suspect, simplement naturel. Il fallait parfois du temps pour chercher dans ses pensées ce qui nous plaisait quand on était continuellement contraint. Elle remarqua l'envie de pleurer de son invitée et comme une guêpe attirée par le sucre, la blonde se redressa lentement pour fixer le visage de Pritika et y déceler avec envie les premiers signes de la tristesse. Que les gens étaient mille fois plus beau ornés de larmes et de sanglots... la rousse ne faisait pas exception. Et Amra, la languide, la cruelle, crevait de l'envie de la voir pleurer. C'était sans malignité cependant : l'hundra aimait simplement la tristesse de manière désintéressée. Ses propres yeux, miroirs entre ses tempes, avaient déjà commencer à se remplir de larmes préliminaires. Pince tes lèvres jusqu’au sang, douce beauté. Change les en un cœur tout palpitant, ourlé de souffrance. Les perles de larmes accrochaient les longs cils clairs d'Amra qui cligna plusieurs fois des yeux, les sclères déjà un peu rosées par la tristesse qu'elle aimait à se provoquer, petit luxe d'une âme pauvre, un désespoir qui n'avait pas de moyens.

    "Moi ?", fit Amra en sortant de sa rêverie torpide, étonnée qu'on lui retourne la question. Sa première réponse fut, très sincèrement : "... je ne sais pas", avant que le mensonge fasse à nouveau son nid en elle : "je ne voulais rien."

    Elle baissa le regard sur les doigts fins ornés de beaux motif au henné de son invitée, délicatement posés sur le dos de sa main enchaînée. Ses doigts à elle étaient beaucoup plus longs que ceux de Pritika, qui avait une petite main juvénile aux doigts courts. Elle se perturba du contact, rougit de la voir rougir et eut un long et lourd soupir. Son corps se tendit tout naturellement, tentée par le fruit délicieux à portée de bouche qu'était cette jeune personne qui cherchait à la consoler alors qu'elle se pensait inconsolable. Surement souffrait-elle aussi, mais pas du même mal. Allait-elle pleurer ? Allaient-elles pleurer ensembles ? Ce serait si doux, un baume à son cœur en milles morceaux depuis trop longtemps ; depuis presque toujours. Depuis le chemin derrière les pas d'Hurrem.

    "Ne soies pas désolée", murmura Amra en un souffle, "soie heureuse."

    Murmure-à-L'Océans e tut sur ces nouvelles paroles qui pourraient sembler incohérentes, déplacées dans le moment mais qui collaient très bien pour elle ; ses grands yeux disaient : "ne me plains pas, pense à tes propres sentiments". Ces yeux-là disaient de belles choses sous le regard de licence déjà plein de larmes sucrées, la main tremblantes sous les doigts qui déjà se retiraient. Les étreintes ne duraient jamais assez longtemps.

    "J'aurai du devenir danseur, comme ma sœur", admit l'hundra en essuyant ses yeux qui débordaient de larmes, de l'étoffe qu'elle avait utilisé pour découper la grenade, "... mais en réalité...", elle hésita, soupirant lourdement avant de se recoucher sur les coussins, les mains à nouveau jointes sur son ventre, le regard perdu sur le ciel avec un air grave et sincère, "... je voulais juste épouser une femme, élever nos enfants et vieillir avec elle. L'attendre le soir chez nous, l'écouter me parler de tout et de rien... la couvrir d'or et de baisers..."

    Elle sourit tristement, revoyant sa grande sœur derrière ses paupières closes qui peinaient à retenir toute sa tristesse résignée. Elle s’imagina un instant la vie qu'aurait été la sienne avec Hurrem comme épouse, si elle avait été Shamshu pour planter en elle la graine qu'elle ne pouvait jamais lui offrir. Amra garda les yeux clos, pour ne pas avoir à affronter le regard de Fleur-des-Dieux.

    "C'est... stupide, n'est-ce pas ?", lui demanda-t-elle avec un sourire inconsolable, "tu peux te moquer si tu veux."
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    Pritika Fleur-des-Dieux - le Lun 14 Mai - 0:29
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    De rougissement en larmes délicates sous le voile des cils clairs, l'expression d'Amra se chamarrait de sanglots et elle semblait à quelque statue pleurant sur le sort du monde. Un instant Pritika avait retenu un souffle maladroit, les doigts chauds contre la peau de marbre roide veiné de bleu. Cette tristesse qui se gorgeait de la sienne, Pritika sentait son âme y répondre en miroir étrange. Une boucle sans fins de tourments et de larmes. Quelque chose en elle su que cette hundra, sous le miel de son attitude était en réalité vénéneuse. Une beauté toxique et languide qui se nourrissait de souillure et de larmes. Mais, parce que les cœurs brisés sont les plus magnétiques, voilà que celui de Pritika palpitait à tout rompre dans sa gorge de tourterelle.

    Lorsque la prêtresse de Derketo lui demanda si elle aimait les chevaux, un instant, le visage empourpré s'éclaira. C'était une drôle de chose en vérité, que cette lumière éclatante dans ce regard habituellement si fuyant. "Oh oui, je les aime..." Dit-elle du bout des lèvres, du bout du coeur. Et ce visage exprimait bien au delà. Plus que tout, disaient les yeux rubiconds. Plus encore que de l'amour, c'était une chose aussi puissante qu'une raison de vivre. C'était ce que disait ce corps un instant redressé sur les coussins, tenue par ce souffle si particulier que seul quelqu'un qui ne vit que par sa passion pourrait comprendre. Plus que sa propre vie, son propre bien-être... Cependant Pritika n'exprima finalement plus qu'un peu d'embarras quand Amra lui avoua ne pas savoir. Triste être sans passion à son contraire, le second hundra laissa la jeune fille à quia.

    Les doigts s'étaient retiré de ceux d'Amra et le regard se fit de nouveau plus fuyant. La jeune fille avala une longue gorgée de son thé pour laisser Amra répondre, troublée par les larmes naissantes et s'en sentant coupable.
    Finalement, lorsque son aîné avoua avoir simplement voulu avoir cette vie de famille si prosaïque qui ne serait jamais pour eux, hundras enchaînés à des divinités absconses, Pritika demeura gorge sèche. En vérité, elle n'y avait jamais pensé. Fonder une famille, aimer un homme ou une femme... Cette vie avait toujours été hors de sa portée de toute façon. Et cette âme encore plongée dans les turpitudes de l'adolescence ne saurait concevoir l'idée d'un foyer. Pourtant, cela aurait été son destin d'Inana, si elle n'était née de deux sexes et cela lui amena des larmes de compassion aux yeux.

    "Ce n'est pas du tout stupide..." s'étrangla un peu Pritika. Comme sa gorge était nouée, soudain... Parce qu'il y avait le souvenir de son amour d'enfant qui dansait dans les débris des feuilles de ce thé désormais amer, après le sucre. Comme il lui manquait... La douleur la replia un instant sur elle-même et elle choisit de s'allonger à moitié, fixant elle aussi ce ciel beaucoup trop bleu en essayant d'ignorer combien elle se sentait malheureuse. Depuis que Kiral était là, le monde était beaucoup moins affreux et elle chercha dans l'image mentale de son étalon le réconfort qui lui faisait défaut. En se concentrant, elle pouvait sentir l'odeur musquée de son encolure, la douceur de son poitrail que les délicats coussins qui la portaient n'égaleraient jamais. Elle trouva dans l'ambre placide de ce regard ce qui lui manquait. Kiral l'attendait au temple et elle ne se laisserait pas engloutir par l'absence glaçante de son amoureux. Finalement, Pritika souffla longuement.

    "Peut-être... ton... amie... que tu vois plusieurs fois par semaines... Peut-elle être un bon début à cette vie dont tu rêvais..." Elle n'ignorait pas, Pritika, que son homologue recevait l'une de ses prostituées sacrées plusieurs fois depuis bien avant qu'elle soit haute-prêtresse. "Je veux dire... Elle est jolie et tu dois beaucoup l'aimer... Votre relation dure depuis bien longtemps maintenant. Nous sommes hautes-Prêtresses mais cela... Ne veut pas dire que nous ne pouvons avoir de... Heu... amantes qui vivrait à nos côtés et élever comme le notre un enfant... Presque comme une famille ordinaire en somme..."
    Elle marchait sur des œufs, cette fille qui semblait ne rien connaître de ces choses-là mais que l'on raillait parce qu'elle avait été l'amante de celui qui l'avait mise à cette place trop convoitée. Cependant, Pritika savait que la réalité était très différente. Si cela avait été de l'amour, cela avait été d'une chasteté qui faisait sans doute trop défaut au vieil Haut-Prêtre dans ce temple dédié aux plaisirs et personne encore n'avait cueilli cette fleur étrange qui grandissait en silence, à la fois invisible et pourtant au sommet de ce terrible monde.

    Pritika se tourna sur le flanc pour apprécier le confort paresseux de leurs couches, repliée en chien de fusil, laissant le monde tourner sans elle, cachée derrière ses silences. Elle garda un moment les yeux posés sur Amra, qui l'intimidait autant qu'elle la fascinait, parce qu'elle lui semblait être tout ce qu'elle-même n'était pas : belle et délicate. Elle s'humecta les lèvres, prudente quant à ses propos, mais animée d'attentions délicates.
    "J'aimerais... J'aimerais beaucoup vous voir sourire. Je... Ca me fait de la peine de te voir si triste..."
    Et ainsi l'écume se heurte tant et tant à la roche qu'à la fin, elle l'érode. C'était une cause pourtant perdue d'avance mais Pritika s'illumina un instant dans cette sincérité naïve.


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    Amra Murmure-à-l'Océan - le Lun 14 Mai - 21:00
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    Ofra Haza - Im Nin'Alu Murmure-à-L'Océan s'était placidement allongée sur les coussins moelleux pour faire passer l'appétit fugace qui lui avait pris les viscères en fixant un peu trop longuement les détails des courbes de son invitée. Un vertige capiteux et bien prosaïque secouait ses os et fouettait son sang si fort que son visage lunaire s'empourpra des couleurs de la vie, fermant les yeux rien qu'un instant pour chasser son trouble. Pourtant lorsqu'elle vit la lueur danser dans les yeux sombre de Fleur-des-Dieux, l'hundra ne put que se redresser, comme une mouche attirée par le miel ; il y avait ce feu en elle, ce brasier qu'elle-même n'avait jamais eu. Je les aime... cette phrase vibra dans le pauvre cœur d'Amra qui en avala sa salive, l'air complètement retournée. Elle le sentait... Pritika avait ce qu'il lui manquait : une raison de vivre, une passion. La fixant avec une étrange admiration, la blonde murmura alors, devinant ce qu'il y avait à saisir. Amra était comme une tique, obligée de se nourrir des autres pour survivre ; obligée de sentir les émotions des autres pour vibrer. De grandes sensations ; rien que le désespoir ou la passion, autrement rien ne passait la barrière de sa dépression profonde.

    "Plus que tout ?", elle ressentit un profond vertige, comme ivre de la passion de son invitée, "... et la vie sans eux te serait insupportable ?"

    Ses grands yeux accrochèrent ceux de l'autre hundra, sans plus rien dire. En face d'elle, Amra tremblait un peu de se retrouver en face de quelqu'un de passionné, elle qui ressentait de moins en moins les choses. Seule Hurrem la passionnait... triste amour qui lui prenait tout, là où elle avait toujours manqué des ambitions nécessaires pour être quelqu'un d'intéressant. Elle bu le souffle de la rousse car elle savait que rien ne l’essoufflait à ce point, essayant de ressentir quelque chose... mais rien de spécial, rien que du superficiel. Pourquoi ne parvenait-elle plus à s'enthousiasmer ainsi ? Face à Fleur-des-Dieux, Murmure-à-L'Océan apparut comme bien terne et languide. Elle se claquemura dans un étrange silence, se rendant compte d'elle-même qu'elle n'avait plus ni espoir, ni envie, ni passion. Rien que le plaisir vaporeux qui fuit vers l'horizon dès qu'il est consommé. Qu'aime-tu, Amra ? La drogue et les putains, la rêverie torpide après le sexe débridé, le sommeil pour ne plus penser. Ce qui est triste et qui fait mal, car ce qui est triste est beau. La belle perceptive.

    L'hundra retourna s’abîmer derrière ses paupières closes, alanguie sur les coussins de soie, les mains étrangement toujours croisées sur son ventre dans une attitude qui avait quelque chose de sépulcral plus que de paresseux. Ses mains se frottaient ensembles, là où Pritika l'avait frôlée, comme pour ne pas oublier cette fugace sensation. Les confessions ne nouaient, sans jamais dépasser la limite du secret cependant. Elles ne se répondaient pas vraiment, quand on y regardait bien et Amra avoua le seul rêve qu'elle avait jamais eu : celui d'être auprès de cette femme qu'elle n'avait pas le droit d'aimer. C'était son plus grand malheur et son seul bonheur à la fois, ce secret chéri au creux de son cœur brisé qui perdait petit à petit l'envie de ressentir. Triste, la blonde fit un instant un étrange sourire, distant et serein malgré la douleur qui tailladait ses entrailles. Pritika s'était allongée sur la couche, en chien de fusil et semblait contempler les nuages... pas besoin d'être clairvoyant pour comprendre qu'elle lui avait fait de la peine, à cette pauvre petite. Et c'était un peu volontaire en fait, mais pas vraiment méchant.

    Amra écouta l'hundra lui parler et la logique de ses dires avaient quelque chose de si imparable qu'elle se demanda pourquoi elle n'y avait pas pensé avant. Parce que Hurrem, était la réponse à tout chez elle. Son regard s'éteint alors tristement, repensant à la gentillesse un peu brusque de Rêve-en-Silence, sa ressemblance perturbante avec sa propre sœur, leurs discussions après l'amour qui emplissaient un peu le vide qu'était sa vie. Votava était gentille et discrète. Elle parlait peu, presque pas, et avait beaucoup de maturité. Mais les choses s'étaient dégradées entre elles du fait de la nature veule de la Haute-Prêtresse. Amra demeura affreusement silencieuse une fois que Pritika eut terminé de s'expliquer. Elle ne savait trop quoi lui dire, sinon la vérité.

    "Nous ne nous voyons plus, je l'ai congédié par lâcheté", admit sincèrement l'hundra en refermant les yeux pour les reposer, "elle voulais devenir ma concubine officielle pour être plus confortable... et... j'ai refusé. La vie dont je rêve, personne ne peut me l'offrir. Tes paroles sont sensées... c'est moi qui est insensée, c'est tout."

    Elle sourit gentiment mais tristement en se tournant sur le flanc pour observer Pritika en face d'elle, couchée sur le côté en chien de fusil ; qu'elle était jolie, cette petite rousse aux atours un peu trop tapageurs pour elle, avec ces grands yeux encore humides. Si proches d'elle qu'elle aurait pu la toucher. Amra la caressa chastement du regard, la couvant d'une tendresse visible mais qui, comme le riz qu'on fait cuire dans le lait, se gorgeait dans la tristesse. Elle avait le cœur gros. Ses yeux posés sur son invitée, elle demeura silencieuse en se laissant étudier en retour, ne trouvant rien à ajouter. Ses doigts noirs glissèrent vers l'hundra mais son geste avorta misérablement, l'air attendrie comme éplorée. Sa main demeura en suspens un moment comme quelque chose qu'on a pas eu le courage de dire, et elle se pelotonna contre elle-même, s'entourant fragilement de ses propres bras. Un hoquet la prit face à la bonté de son invitée, elle et eut l'impression de se briser en milles éclats. La gentillesse est le langage qu'un sourd peut entendre et qu'un aveugle peut voir. Et c'est affreux. Elle fait bien plus de ravages dans les cœurs que tout autre chose.

    "Je... je pourrais me défendre face à de la méchanceté... m... m-mais... je ne peux pas... me défendre contre... t-ta gentillesse..."

    Les larmes revinrent à ses grands yeux et elle sanglota comme une enfant qu'on essayait de consoler et qu'on brisait un peu plus. Qu'elle était gentille et désintéressée... Pritika voulait la voir sourire. Pouvait-elle encore y arriver ? Amra ne savait pas ; elle ne savait même pas si elle était encore en vie ou si elle était morte. Elle ne savait pas si elle pourrait à nouveau sourire sans tristesse.

    "S'il... s'il te plais", supplia l'hundra en fixant Fleur-des-Dieux avec une tendresse sincère mais qui la débordait psychologiquement, "... tu veux bien... me prendre dans tes bras ?", elle renifla, "juste une fois, une seule fois."
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    Pritika Fleur-des-Dieux - le Lun 14 Mai - 22:25
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    Est-ce que la vie sans eux vaut-elle la peine d'être vécue ? Non, assurément. Ils étaient sa raison d'être encore sur terre, ces magnifiques chevaux aux chanfreins fiers.
    "Non. Sans eux... Il n'existe rien de beau." Dit doucement Pritika en baissant les yeux sur ses mains. Sans eux... Il n'y aurait jamais plus de sourires ou de joies.
    Quelle étrange être que cette hundra qui se gorgeait comme une tique de sa peine et de sa joie... Pritika n'était pas dupe en vérité, en découvrant combien Amra était prompte aux larmes vaines. Il était paradoxal que ce soit cette petit Fleur-des-Dieux qui soit en réalité bien plus forte. Comme elle était étrange, Murmure-à-l'Océan, beauté mortifère aux paupières lourdes de larmes sous le fard... Pritika en prenait seulement la mesure.

    Depuis le confort des coussins sous son flanc alanguit, Pritika observait l'autre prêtresse sembler s'interloquée d'une solution si simple à ces désirs de famille qui la taraudaient. C'était triste pour Amra et Pritika fut prise d'une compassion sincère en la voyant se troubler. Quant à l'aveu que c'était l'hundra qui avait répudié la prositituée... La Haute-Prêtresse de Sabaoth se sentit bête. Elle n'avait pas envisagé les choses ainsi, pensant naïvement que deux personnes qui se fréquentaient depuis si longtemps devaient bien avoir quelque sentiments tendres. Elle était sans doute trop innocente.

    Les doigts suspendus entre elles, cette main qui avorta une caresse, Pritika retenait son souffle, le corps tendu par une envie duègne. Comme si une part d'elle-même désirait ce geste mais l'autre s'en effrayait. Finalement, la main retomba mollement et la cadette reprit une inspiration après avoir retenu trop longtemps son souffle.

    Face à Amra sanglotante et repliée, Pritika se sentait gauche et niaise, cherchant comment apaiser un chagrin qu'elle ne comprenait qu'à moitié et dont elle n'était pas réellement l'objet tout en l'ayant provoqué. Se relevant en position assise pritika se trouva finalement désemparée et vaine. Alors quand son homologue supplia, elle se mordit fort la lèvre inférieure mais... ces gestes de réconfort, elle les connaissait parce qu'un jour un vieil homme l'avait serré dans ses bras lorsqu'elle était seule et effrayée...

    Pritika se déplia pour rejoindre Amra, un peu gauche, s'agenouillant près de l'autre prêtresse. Un instant, elle sembla hésiter, toutes proches l'une de l'autre puis, parce qu'elle était profondément bonne, Pritika entoura doucement les épaules d'Amra de ses bras dans un tintement de bracelets. Elle ne savait pas vraiment quoi faire mais choisi d'oublier un moment de s'angoisser pour les bourdes qu'elle pourrait faire ou ce qu'elle pourrait ne pas faire convenablement. Tendrement, Pritika attira Amra auprès d'elle, son corps se souvenant des gestes tendres échangés avec celui qui lui manquait chaque jours. La main menue de la jeune fille caressa les longs cheveux blonds en un geste délicat.
    "Ca ira, tu verras. Ca ira." Disait doucement Fleur-des-Dieux, berçant le corps brisé de sanglots lourds comme l'air d'été. Gentiment, tendrement, elle accompagna la tristesse d'Amra comme on avait accompagné la sienne. Les caresses d'enfant trop vite grandit avaient cette fraîcheur que seule l'innocence peut conférer.
    Elle ne lui dit pas de ne pas pleurer, parce que c'était idiot : pleurer pouvait aussi aider, parfois, à faire ressortir cette noirceur que Pritika ressentait dans chaque geste d'Amra. Ce n'était pas un chagrin, mais les pleurs d'un être d'une solitude terrifiante. Alors pourquoi se battre et tenter de retenir l'eau dans ses mains ? Cela en valait pourtant la peine, pensait Pritika. Peut-être qu'Amra en valait la peine.


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    Amra Murmure-à-l'Océan - le Mar 15 Mai - 23:53
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    Madonna & Yitzhak Sinwani - Paradise is not for me Murmure-à-L'Océan était si aveugle qu'elle ne pouvait pas voir. Elle était si enfonçée dans son propre marasme qu'il l'avait entraînée tête la première dans les eaux noires dont il est si difficile de sortir. Mais, face à la candeur et la bonté de Fleur-des-Dieux, un lys s'ouvrait timidement dans sa poitrine blessée par trop de solitude. Elle le voyait dans les yeux de l'autre hundra, parlant des chevaux : c'était l'Amour. Pas celui des Hommes, mais celui, plus pur d'une personne pour quelque chose qui lui apporte la joie et une raison de vivre. Quand cette liesse l'avait-elle désertée ? L'avait-elle déjà habitée un jour ? Amour, elle chérissait son nom, mais Amour, elle ne le connaissait pas bien. Et pourtant, comme elle comprenait cette sensation tenue dans le regard de son homologue, s'en gorgeant déraisonnablement pour essayer de ressentir quelque chose. Amra retint sa respiration, et son visage tout entier disait : comme je te comprend. Il n'existait rien de plus beau au monde qu'un amour pur qui donnait du sens à tout ce qui n'en avait jamais eu. Et comme elle l'enviait, à cet instant ! Petite fleur qui se disait fade mais dont le parfum avait quelque chose de délicieusement capiteux dans son innocence.

    La main suspendue entre elles, tremblante, avait l'audace du désespoir. Chacune fut tendue de craintes et d'envie, et la Haute-Prêtresse de Derketo fit ce qu'elle faisait le mieux : elle laissa tomber avant même d'avoir essayé. Si aveugle qu'elle ne distinguait plus de sortie. Il n'était pas pour elle, ce Paradis. Cette gentillesse qu'avait la rousse n'était que de la politesse. Et les mots qu'Amra avait envie de lui dire aussitôt moururent. Elle supplia comme celle qu'elle était : un enfant seul et capricieux toujours en quête de l'affection dont elle avait pensé manquer. Pritika n'était qu'une fantaisie de plus dans son monde facile, mais la bonté de l'hundra la touchait jusqu'à l'âme et la désarçonnait dans ses plans de séduction : c'était elle qui, le plus simplement du monde, était en train d'être séduite et plus profondément qu'elle ne l'imaginait. Elles sentit les bras de Fleur-des-Dieux l'entourer doucement et gauchement pour lui former un nid, au chaud contre le creux de son corps. Les mains avides de la blonde se croisèrent autour de cette taille fine, son visage enfoui dans les mèches rousses, respirant leur délicate senteur. Pauvre idiote qui ne voyait pas autour d'elle les anges disposés pour prendre soin d'elle, ces proches qui la veillaient tandis qu'elle se pensait seule au monde. Encore une fois, elle était cassée. Encore une fois, elle ne croyait pas. Encore une fois, elle se croyait âme solitaire alors qu'on faisait preuve de bonté désintéressée envers elle.

    Elle se lova doucement contre Pritika, sans rien tenter. L'instant était trop précieux, trop délicat. La tendresse platonique de l'autre hundra la submergea tant et si bien qu'elle se détendit à l'unisson avec cette chaleur inconnue et amie à la fois, comme lorsqu'elle pouvait s'endormir entre les bras de sa grande sœur. Dans les bras de Pritika, elle était à nouveau un enfant, le regard paresseux d'avoir trop pleuré, ressentant enfin la plénitude après l'orage émotionnel. Elle trembla encore un instant avant que ses forces la quitte pour ne laisser sur son visage qu'un sourire simple, sans joie ni peine. Un sourire plein, sans licence. Juste l'apaisement du cœur qu'elle recherchait depuis tant d'années, et qu'on lui offrait enfin de la manière dont il fallait le faire : désintéressée. Le tintement des bracelets de la rousse la maintint éveillée dans ce monde, menaçant de s'endormir dans cette étreinte réconfortante. Elle était tout ce qu'elle avait toujours désiré : juste de la tendresse, pour aucune raison apparente. Juste de la gentillesse. Elle aurait voulu la remercier mais les mots se bloquèrent dans sa gorge nouée, et elle préféra lui offrir un joli sourire en cadeau, les yeux rouges d'avoir trop pleuré.

    Comme elle était gentille et tendre, Pritika. Comme il devait être doux d'être aimé d'elle. Amra se blottit plus avant contre ce corps chaud pour lequel elle ne ressentait plus grand chose pour le moment hormis une immense gratitude ; le geste de la rousse avait dissous toute idée peu sage de sa part, la laissant comme affaiblie par sa bonté et son innocence. De la tendresse.... au delà du plaisir, de la jouissance... Amra était pénétrée d'une tendresse véritable, qui faisait soupirer son cœur. Et l'hundra avait soif d'amour, de tendresse et de baisers, d'une vie à deux. Elle la caressa doucement pour ne pas l'effaroucher, sans intention obscène : ce n'était qu'un câlin de gamin, maladroit mais volontaire. Loin des toucheries élaborées qui la faisait se perdre, ce n'était qu'une étreinte d'enfant solitaire qui voyait le bonheur au loin, et dont l'attention d'une autre personne était comme un baume pour son cœur blessé. Pris d'un élan d’affection, elle baisa chastement son front, les yeux à nouveau chamarrés d'humidité ; de plénitude cette fois, un sentiment qu'elle connaissait fort peu. Ses lèvres ne s'attardèrent pas ; elle remerciaient dans une langue plus vieille que les mots, plus naturelle aussi. Elles couronnaient un front au moins aussi soucieux que le sien, mais soutenait une tête sûrement mieux faite.

    "Merci...", balbutia l'élue de Derketo, sans force dans les bras de Pritika, un sourire faible mais sincère aux bout des lèvres, "... je... tout est tellement vain ici, sauf ta gentillesse. Elle... elle me rappelle quand ma sœur me protégeait alors que j'avais peur de l'orage... quand elle me prenait dans ses bras jusqu'à ce que je m'endorme. C'était la meilleure sensation du monde...", elle se blottit encore un peu contre l'autre prêtresse, "alors merci... d'être venue, m-même... si j'avais bien vu que tu avais peur de moi. Je ne te ferais pas de mal.. vraiment pas. Je ne veux pas te faire de mal, c'est même plutôt tout le contraire..."

    Amra se tut, à court de mot comme de souffle et préféra goûter encore un peu cette chaleur qu'on lui retirerait bien assez tôt.
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    Pritika Fleur-des-Dieux - le Jeu 17 Mai - 20:34
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    Des caresses lentes contre son dos, en échos à sa propre main qui caressait les cheveux blonds. Lentement, calmement, elle berçait au creux d'elle ce corps fatigué. L'expression de Pritika s'éclaira, illuminant ce visage aux rondeurs de l'enfance. Douce et patiente, elle sentait Amra s'abandonner petit à petit et ses propres gestes naissaient d'un instinct très simple, d'un désir qui n'avait rien de pervers : celui de consoler cette âme blessée. Au diable ses propres soucis, ses propres nuages, elle était capable de les oublier pour offrir ce réconfort serein et l'écrin de son propre corps.

    Des lèvres se posèrent sur son front et la sage enfant ferma les yeux, inclinant doucement la tête sous la chaleur des lèvres de cet autre hundra qu'elle cajolait sans malice. Son coeur se serra bien un peu mais elle demeura lisse et sereine en apparence. Cela faisait rejaillir tant de souvenirs précieux... Tant de baisers chastes, de sages caresses, loin des licences d'un temple dédié aux plaisirs physiques. Pritika laissa Amra parler, la conservant dans son giron sans broncher, écoutant les souvenirs d'une âme qui se disait solitaire mais qui avait eu pourtant quelqu'un pour la bercer lorsqu'elle avait peur. Personne n'avait jamais réconforté Pritika, lorsqu'elle était petite. Et lorsque la nuit était trop noire, le monde trop terrifiant, on la retrouvait parfois endormie dans la paille d'une stalle, entre les pattes qui auraient pu si facilement la tuer même pas mégarde...

    Les chevaux, d'aussi loin que Pritika s'en souvienne, avaient toujours été là. Sans jamais rien demander, exiger ou juger, au contraire des humains. Ils étaient les seuls à avoir écouté ses malheurs sans la couper ou à avoir bercé ses larmes. Cependant, elle ne renchérit pas lorsque Amra se tut, se contentant de lui sourire un peu timidement, n'osant pas dire qu'elle-même n'avait pas de sœur pour s'occuper de son chagrin, songeant que cela n'était pas à propos et ne ferait que minimiser la peine de la prêtresse de Derketo. A la place, elle afficha un air gêné avant de tenter de mentir maladroitement "Je n'avais pas peur..." Et devant le regard d'Amra, elle capitula : "Je craignais de t'avoir froissé... Et j'avais peur que cette invitation soit là pour que tu te moques de moi en me faisant croire que j'étais assez importante pour être conviée par toi..."

    Elle avait chuchoté, près de l'oreille de la blonde, le coeur battant la chamade de cet aveu timide. Elle ne voudrait donc que son bien, cette beauté blonde aux soupirs languides ? Cela gonfla un instant le coeur délicat de Pritika, qui s'empourpra, avant d'appuyer son front contre l'épaule de son homologue.
    "Tu es si gentille..." Dit maladroitement la rousse, se sentant idiote et bien malhabile avec les mots. Le corps à la peau pourtant froide lui tenait si chaud, soudain... Pourtant elle fut incapable de s'écarter, malgré la position qui devenait petit à petit inconfortable. Elle avait peur que si elle lâchait Amra, toute cette gentillesse s'évanouirait brutalement, comme si rien n'avait existé. Comme si ce câlin était un mirage fantasmé. C'était si doux... Et l'écho d'un temps où elle avait compté pour quelqu'un. Pritika n'attendait rien d'autre que ce sourire maladroit donné par la haute prêtresse de Derketo. "Alors... Tu mérites que l'on te console si tu as des chagrins. Tu mérites que l'on prenne soin de toi." Termina Pritika dans un murmure qui portait une fièvre étrange. Comme il faisait chaud, soudain !

    Puis, la douce enfant réalisa que c'était sûrement déplacé. Après tout, Amra devait avoir bien du monde pour s'occuper d'elle et la choyer. Elle n'avait pas besoin d'une idiote maladroite dans son genre. "Pardonne-moi... Je..." Elle s'écarta tout doucement et son corps en ressentit comme un vide mais elle l'ignora, prise d'un drôle de vertige qui la fit tomber à la renverse au milieu des coussins, le souffle un peu court. Elle se traita d'idiote et demeura un instant là, comme ivre, ses yeux rubiconds posés sur le visage d'Amra. Elle était si jolie !


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    Amra Murmure-à-l'Océan - le Jeu 17 Mai - 22:56
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    Madonna & Yitzhak Sinwani - Paradise is not for me Murmure-à-L'Océan effleurait du bout des doigts l'image d'un bonheur de passage qui avait pris les traits poupins de cette autre prêtresse. Par Derketo, que cette fille était belle. Derrière sa pâleur l'hundra eut un faible sourire, se reposant dans cette chaleur à la fois amie et inconnue pour trouver une paix provisoire mais salvatrice. Comme l'opium faisait partir en fumée ses craintes, la senteur de Fleur-des-Dieux distillait ses angoisses ; comme c'était étrange. Lorsqu’elle fermait les yeux, Amra avait à nouveau une dizaine d'années et pouvait se reposer contre le giron de sa grande sœur. Elle pouvait, rien qu'un instant, mettre de côté son désespoir pour goûter au silence, celui qui intérieur couvrait le vacarme de ses noires pensées. Elle baisa chastement le front de la rousse, dans un élan de tendresse qui ne lui ressemblait qu'à la descente de ses amours, une fois que la fatigue avait essuyé le désir. Ce n'était en cet instant qu'une douce cajolerie, bien qu'elle ne fut pas aussi innocente qu'elle en avait l'air.

    Pritika courba la tête sous le baiser de Murmure-à-L'Océan, et ce geste tendre eut un véritable empire sur les sens de la Haute-Prêtresse de Derketo qui se sentit à nouveau s'animer sous la joliesse innocente, presque un peu docile, de la rousse. Alors sa langue se délia, et encore une fois ce fut de sa grande sœur dont elle parla ; elle avait beau essayer de la mettre de côté, elle ne cessait de penser à Hurrem. C'était un combat quotidien perdu d'avance, qui la vidait de ses forces petit à petit si bien qu'elle fut apathique dans les bras de Fleur-des-Dieux, rendue languide par la chaleur de la jeune fille, le regard soudain paresseux, les yeux mi-clos et la tête dodelinante comme un chaton qui s'endormirait un peu n'importe où et contre n'importe qui. C'était si bon, là où les mains de Pritika la touchaient ; elle se sentit fondre sous les caresses sans objet, entraînée par son manque affectif. L'hundra releva les yeux pour offrir à s condisciple un air de gratitude sans pareil. Qu'elle était douce et forte... Elle était loin de se douter que Pritika était au moins aussi veule qu'elle, et tout autant terrifiée par le fait de devenir adulte. Elles furent en cet instant seule à deux, aussi paradoxal que cela puisse paraître.

    "Si, tu avais peur", dit Amra avec un sourire indulgent avant de lui offrir un regard de chiot, "la moquerie est une bassesse, c'est la revanche d'un esprit étroit", affirma-t-elle soudain avec un air étrangement plus grave, "jamais je ne me moquerai de toi, ou de quiconque."

    Toute sa jeunesse, les autres enfants s'étaient moqué d'elle et Amra nourrissait pour ce genre d'attitude un dédain à la fois ardent et polaire et cela se lisait sur son visage plus fermé. On avait raillé le fait qu'il était chétif, avait les oreilles décollés, n'était pas tout à fait un petit garçon mais pas une petite fille non plus. C'était sa grande sœur qui l'avait défendu lorsqu'on avait tenté de voir ce qu'il y avait sous ses robes, et Murmure-à-L'Océan avait pleuré des jours entiers après cet événement, s'étant sentie sale et... illégitime, en un sens. Ce fut à partir de ce jour qu'elle ne sut plus ce qu'elle était. Elle ne s'en remit jamais, cultivant avec les autres une distance salutaire, et avec son corps une relation d'amour et de haine... peut-être en était-il de même pour Pritika, puisqu'elle aussi était hundra ? Amra ne demanda cependant pas, parce que c'était impoli. Elle se perdit un peu dans ses mauvais souvenirs avant de les écarter de ses pensées pour demeurer sereine dans les bras de l'autre prêtresse et ne pas gâcher ce bref moment que quiétude.

    Les murmures à son oreille avait piqueté sa peau de chair de poule, tremblant un instant par réflexe. Son regard s'ourla malgré elle de désir en se posant sur Pritika, ses mains sur les épaules de l'hundra, l'air énamourée. Elle recueillit Pritika soudain tout contre son cœur, au creux de ses bras en sentant sa tête se poser sur son épaule ; les gestes d'Amra étaient d'une infinie douceur, tendres et précautionneux, lents, un eu paresseux. Elle était d'une lascivité paisible lorsqu'on en venait à ces choses-là, sûre de ses gestes, agréables et guère envahissants. Murmure-à-L'Océan berça tout doucement la jeune hundra, caressant ses cheveux avec chaleur mais patience malgré la licence qui l'envahissait à nouveau. Elle aimait les longs préliminaires, les chatteries tendres qui éveillaient les sens, les mots susurrés bien plus que la bagatelle en elle-même, bien qu'elle l'appréciait beaucoup également : sa chair était faible mais son esprit était doux.

    "Moi ?", s'étonna sincèrement Amra lorsque Fleur-des-Dieux lui dit qu'elle était gentille. Elle eut un sourire un peu vague, triste, et lui dit sincèrement, "je ne suis pas gentille."

    Mais la maladresse de Pritika gonflait son cœur, qui cognait fort contre sa poitrine au point que l'autre hundra pouvait sûrement le sentir. Elle la regarda long moment, admira ses traits ronds, encore un peu adolescents, ses jolis yeux rubiconds, l'ovale aimable de ses joues délicates. Ne pouvant se retenir, la caressa une des joues de la rousse du dos de la main, très doucement, la frôlant à peine tout en la couvant gentiment du regard. L'amour était un grand enfant, et Murmure-à-L'Océan était sa poupée.

    "Tu es si belle, Fleur-des-Dieux", elle lui caressa l'autre joue, dessinant l'aimable de sa mâchoire du bout délicat de ses longs doigts noirs de charbon, "ton sourire, ta voix qui me touche... tu les tiens de l'Amour, c'est un don qu'Il t'a fait."

    L'étrange fièvre de Fleur-des-Dieux était contagieuse mais l'autre prêtresse savait mieux ce qu'elle était et comment s'en servir. Voyant la rousse s'excuser, elle lui offrit un nouveau sourire à la fois paresseux et indulgent, sans la quitter des yeux. Le souffle court, Amra se tut car elle n'avait rien à dire. Ses doigts courraient paisiblement sur ce joli visage, frôlant le bout du nez mignon en un geste taquin mais très doux. Lorsque la rousse s'écarta, le manque de sa chaleur fut tel qu'Amra se pencha d'instinct vers elle, la voyant tomber à la renverse. Elle la couvrit de son corps, penchée sur elle en la fixant dans les yeux, avec une tendresse qui pouvait faire se méprendre. Couchée le long du flanc de la prêtresse, les mains de part et d'autre de sa tête, Murmure-à-L'Océan se pencha sur le côté pour plonger sa main dans une vasque non loin qui contenait de l'eau parfumée où flottait quelques larges pétales de rose. Elle en saisit une, charnue et douce et caressa à nouveau le visage de la rousse avec, frôlant ses lèvres de manière suggestive mais très pudique, tout en subtilité. Posant le pétale à plat sur la bouche de Pritila, Amra se pencha finalement sur elle pour poser ses lèvres sur la couverture végétale qui faisait bouclier entre elle : elle l'embrassa sans que leurs bouches ne se touchent, très chastement.

    Rompant lentement le baiser étrange, Amra se redressa un peu sans quitter sa position, offrant un sourire épanoui et presque un peu taquin dans sa langueur à Fleur-des-Dieux. Ses longs cheveux blonds glissèrent sur ses épaules mal découplées, et ses boucles d’oreilles tintèrent un instant au son de son souffle court, mais lent. Ses yeux riaient tout en étant triste, animant son visage lunaire d'un émoi sincère mais subtil.

    "Puis-je à présent t'embrasser pour de vrai ?", lui demanda-t-elle très poliment, très gentiment pour ne pas l'effaroucher et lui laisser le choix, "je serais doux. Je t’offrais un baiser comme une rose trémière au jardin des caresses."

    Bien sûr, un baiser légal ne vaudrait jamais un baiser volé. A juste titre, Murmure-à-L'Océan se demandait en souriait quel avait été l'imbécile qui avait inventé le baiser. Elle aimait tellement ça que c'était déraisonnable, au moins autant que les discussions d'après l'amour. Parler, parler encore, faire l’amour, faire encore l'amour. Parler c'était comme faire l'amour. C'est obscène et beau. Ça mettait ses sens en appétit, fixant l'autre hundra avec une chaleur zébrée de tendresse. Un curieux mélange, mais d'une sincérité palpable. Elle voulait saisir ce bonheur de passage du bout de ses lèvres pour qu'il garde une place dans sa mémoire...
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    Pritika Fleur-des-Dieux - le Ven 18 Mai - 0:10
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    Elle est prisonnière de ces deux bras laiteux de part et d'autre de son corps, l'emprisonnant dans un carcan de chaleur coupable, de quelque chose qui lui triture l'estomac et le coeur jusqu'à la douleur. Pourtant Pritika ne se dérobe pas, retenant un souffle toujours trop court, une aiguille plongée dans le ventre et une fièvre au front qui rougit ses joues d'une pâmoison coupable.
    Elle est prisonnière, comme suspendue à des lèvres qui se perdent sur les siennes, retenues d'un pétale. Le contact lui semble à cet instant bien trop osé et pourtant, une seconde le corps de Pritika répond. Traître corps car elle est aussi un peu un garçon tout comme Amra. Le pétale retient un soupir et Pritika rouvre les yeux, les joues brûlantes.

    Serais-ce un mirage ou bien était-ce presque son premier baiser, elle qui fut une amante intouchable ? Elle ne dit rien, Pritika, mais ses yeux rouges n'expriment à cet instant qu'une confusion et un trouble tout coupable. Puis, libérée de ce rempart fleuri, s'humecte les lèvres. Comme il bat fort, ce stupide coeur... Incapable de soutenir les yeux d'Amra, qui lui quémande un baiser donné plutôt que volé, Pritika reste quelques secondes silencieuse, bouche sèche.

    "Je..." Elle est incapable de le dire. La vérité : ce serait mon premier baiser. Mais elle a trop peur. Murmure-à-l'Océan dit de bien jolies choses et la couvre de largesses avec dans les yeux une flamme que personne n'a eu pour elle... Celle d'un désir qui n'a rien de pur, au contraire de celui qu'elle a connu. C'est effrayant. C'est grisant. Son corps s'émeut, son esprit s'amollit et Fleur-des-Dieux déglutit péniblement. Ce baiser, doit-elle le donner à celle qui s'égare si souvent dans la drogue et les orgies ? Pourquoi est-ce que penser à cela maintenant est si douloureux ? C'est si bon, quand Amra la regarde comme si elle était désirable. Comme si elle était belle.

    "Je... Je ne..." Balbutie la prêtresse de Sabaoth sans trouver quoi dire. Il y a ce corps menteur et la réalité de son coeur de tourterelle. Le territoire vierge de ce corps qui n'a connu que de tendres caresses et chastes baisers. La douleur aussi, d'une Nuit Voilée qui lui a appris la peur primitive pour cette sexualité qu'elle se refuse.
    Un moment, Pritika est incapable de répondre et fixe longuement Amra, dont les arabesques sur sa peau brûle son épiderme. Malgré le fait qu'Amra lui ai dit qu'elle ne la raillerait pas... Peut-elle vraiment lui dire la vérité ? Non. Pritika en est incapable. Mais plus incapable encore de se dérober aux yeux rouges qui la fixent. Lentement, comme si elle s'animait soudain, elle jusque là trop passive, tente quelques caresses sur les bras et les épaules de son aînée. Il est pourtant là, ce trouble désir dans son ventre, qui grince et se tord. Sous les voiles colorées qui parent sa peau pâle, il y a ce corps qu'elle n'assume pas et qui s'éveille au contact de la peau parfumée d'Amra. Ses doigts teints d'ambre rouge s'attardent un instant sur la joue de son homologue et Pritika déglutit encore une fois. La peau est douce et ses propres mains ont beau être délicates, elles sont bien plus calleuses et cela lui cause un peu de honte.

    Doit-elle l'embrasser ? Songe la douce haute-prêtresse en fermant un instant les yeux. Doit-elle aussi cesser d'être la Fleur des Dieux pour laisser un être la toucher ? Son corps s'éveille au désir coupable et tout masculin. Exactement tout ce qu'elle rejette. Son coeur, lui, est immaculé. Pourtant n'a-t-elle pas dit qu'elle voulait rendre le sourire à Murmure-à-l'Océan ? N'a-t-elle pas envie d'apaiser ce visage tourmenté ? Est-ce que cela passera par un baiser ? Ne serais-ce pas qu'une chose bien insignifiante pour l'autre hundra quand il s'agira en réalité d'un trésor à préserver ?

    "Est-ce que c'est ce qui te rendra heureuse ? De m'embrasser ?" Souffle Pritika d'une petite voix. Il y a trop d'innocence dans ces yeux là...
    "Ou bien... Est-ce que ce sera juste pour passer le temps ?"
    Serais-je une simple passade ? La fille d'un après-midi, d'une nuit, avant que tu reprennes les autres, avant que ton coeur ne retourne à ses tourments dont je suis l'absente ?
    Pritika pince un peu les lèvres. Malgré ce corps traître qui s'abandonne, malgré cette envie trouble, son esprit demeure lucide et elle baisse un peu des cils pudiques sur l'ombre de ses joues rondes tandis que ses doigts abandonnent l'épaule délicate d'Amra.
    "Je ne suis pas une fille qu'on prend et que l'on jette."

    C'est sortit tout seul, avant qu'elle ai pu retenir ses mots et elle les regrette déjà : elle ne veut pas froisser Amra. Pourtant, elle sait qu'elle entretient une maîtresse, l'une de ses prostituées. Elle sait pour la drogue. Elle sait pour les orgies. Elle sait que les chair est faible. La chair des hommes est une douleur cuisante dans son esprit meurtrit. Amra est comme elle, pas exactement un homme mais pas tout à fait une femme. Et Pritika ne peut laisser encore quelqu'un la détruire. Elle ne veut plus souffrir. Elle ne veut plus pleurer. Amra lui brisera le coeur si elle lui laisse le champ libre.


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    Amra Murmure-à-l'Océan - le Ven 18 Mai - 22:49
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    Madonna & Yitzhak Sinwani - Paradise is not for me Il y avait quelque chose dans ces yeux qui la fixaient et qui ne se dérobaient pas qui enflammait les reins de Murmure-à-L'Océan au point de couvrir son visage lunaire d'un voile de sueur qui lui donnait paradoxalement l'air bien plus humaine que de coutume. Ses pupilles étrécies au point de ressembler à de simples têtes d'épingles, l'hundra ressortit du faux baiser un peu mélangée, sentant clairement son corps prendre le relais et brouiller son esprit et son cœur. Le reste fut chimie naturelle, jeux de muscles et de tendons, alchimie de chair et de sang dans quelques réflexes caverneux. Et cette bouche qui s'humecte était une nouvelle invite à la sensualité, comme un met délicat encore chaud, comme une fleur parfumée n'attendant que d'être cueillie. Un instant, par réflexe, sa longue main se posa sur cette gorge de tourterelle, sentant sous sa paume ce petit cœur qui battait si fort... au moins autant que le sien. Et ce bruit l'incitait tant que se sens en devenaient terriblement douloureux. Son désir fut bientôt affirmé, tout contre la rousse, penchée sur elle en la dévorant du regard. Et encore une fois Pritika se dérobait à son regard, mais Amra sentait bien que ce n'était pas un jeu amoureux. C'était une fuite sincère.

    Mais elle l'a senti contre le sien, ce corps qui s'émeut en miroir au sien. Et parce que le désir appelle le désir, sa tête est alors pleine de galanteries, de chatteries, de choses encore moins sages. Les deux hundras se fixent longuement sans qu'une parole ne soit prononcé ; il n'y en avait nul besoin maintenant qu’un autre langage avait pris le relais, plus vieux que les mots eux-mêmes. Amra eut un sourire tendre, bienveillant qui semblait dire : tout se passera bien, je ne te ferai pas de mal. Rien que du bien. Rien que des choses plaisantes puis l'oubli sirupeux du sommeil après la jouissance. Rien que des choses belles et douces. Rien que des baisers sans conséquences. Elle la touche tout doucement pour la mettre en confiance, bravant son impatience licencieuse pour se montrer plus patiente, par nécessité. mais déjà tout son corps devait un brasier désireux de consumer leur union au point d'en devenir bravache, reposant avec plus de poids sur le corps de Fleur-des-Dieux pour lui faire ressentir combien elle avait envie d'elle. La blonde frissonna en sentant le premier pas de Pritika dans cette danse très ancienne, sentant ses doigts ornés de motifs au henné courir timidement sur ses épaules mal découplées. Elle ferma les yeux, goûtant confusément cette sensation offerte et sa peau se piqueta de chair de poule, sensible et déjà offerte sans discussion.

    Si elle était un taureau, la question de son homologue dont elle voulait faire son amante fut une lance dans son flan, du fer froid dans une blessure à vif qu'elle triturait pour le plaisir. Les yeux sombres d'Amra s'agrandirent comme des soucoupes et elle demeura bouche sèche face à l'interrogation. Être heureuse, juste avec un baiser ? N'était-ce pas un peu prétencieux de sa part ? Ce n'était qu’une question d'enfant pourtant et la Haute-Prêtresse de Derketo s'adoucit aussi vite qu'elle s'était étonnée, un sourire négligent aux lèvres. La réponse est franche, un peu cruelle aussi.

    "Je ne sais pas", dit-elle tristement.

    Parce qu'elle ne sait pas, parce qu'elle ne veut pas chercher aussi loin. Le bonheur lui semble froid et inatteignable, lointain comme le souvenir de son enfance fuyante aujourd'hui révolue. le bonheur,c 'était de marcher dans les traces de pas que laisser derrière elle Hurrem, quand elle se baladaient sur la côte. C'était s'endormir au son de la respiration de sa sœur, de se réveiller à ses côtés. Le bonheur, c'était tellement simple quand on est enfant. Les adultes quant à eux ne savaient que se lamenter. Tout cela la rend triste ; les souvenirs noient son désir et Pritika ne cesse de la doucher, entre le chaud et le froid.

    "Et toi ?", demanda finalement Amra avec un lourd soupir, "est-ce que ça te ferait plaisir ?"

    Ses paroles étaient un peu bête mais son esprit était embrumé d'amativité. Passer le temps ? Elle pinça un peu les lèvres, le visage grave. Des paroles comme celles-ci, elle les craignait. Il y avait quelques nuits, Votava avait voulu entrer dans sa vie, devenir plus qu'un passage nocturne. Toujorus penchée sur Pritika, l'hundra frémit, ses longs bras tremblant mais soutenant toujours son long corps maigre au dessus de la rousse. Elle prenait peur, s'effaroucha sans raison. Son visage se couvrit d'une sueur acide et sa gorge n'était qu'un désert de rocaille. Au dessus de Fleur-des-Dieux, Amra ressembla soudain à un enfant à qui on disait que c'était mal. Elle avait peur mais ne pout se décoller de ce corps chaud et doux qu'elle désirait tant, mais ne forçait nullement : Amra n’aimait que le consentement, que la mutualité. Son désir perdit en force, sans disparaître, se maquillant de culpabilité. Hurrem dansa dans son esprit, comme pour lui dire de ne pas l'oublier. Comme pour lui rappeler que les sentiments les plus beaux, les plus cruels, elle devait exclusivement les lui réserver. A partir de là, elle sut qu'aucune beau mot ne serait assez intéressant pour être dit. Après tout, on ne peut écrire un roman d'amour quand on fait l'amour ; tout était dit. Il fallait savoir faire l'amour sans se laisser aller à aimer, parce que tout l'amour du monde était pour Hurrem.

    "Est-ce mal ?", demanda Amra avec une sincère innocence, "je ne veux pas te faire de peine..."

    Un éclair plus tard, elle comprit soudain que Pritika était sûrement vierge et que dans le temple de Sabaoth, c'était une chose très spéciale. Elle comprit qu'elle le voulait peut-être pas donner ou plutôt perdre sans rien derrière. Son regard s'adoucit, mais elle ne dit rien pendant de très longues minutes, préférant regarder cette jolie vierge craignant d'offrir sans y gagner ; comme elle avait raison. Quand les doigts de la rousse quittèrent sa peau, Murmure-à-L'Océan eut mal au ventre tant et si bien qu'un gargouillis coupable se fit entendre.

    "Je...", elle hésita, "je n'ai pas forcément à te prendre quelque chose. Je peux aussi te donner... une première fois aussi, qui m'est précieuse...", elle rougit violemment, "pour te prouver que c'est un moment important... avec... une personne importante..."

    L'idée même d'offrir ce qu'elle avait toujorus refuser de donner par crainte de souffrir la mit sans dessus-dessous, et elle se tut car elle ne savait plus quoi dire. Des bêtises, surement. Encore une fois, l'hundra avait envie de pleurer. Pourquoi les choses devaient-elles tout le temps être si compliquées ? Pourquoi les gens désirent-ils avoir une place spéciale dans notre vie ? Pour une vie si courte, si remplie de souffrance... elle, elle voulait seulement oublier. Mais dans la fraîcheur de l'ombre des oliviers de cette étrange matinée, elle voulait montrer qu'elle pouvait également mettre une chose précieuse en offrande, même si elle avait peur de la douleur. Elle voulait montrer à Pritika qu'elle pouvait fabriquer un beau souvenir de leur étreinte, et pas juste une passade pour soulager une blessure qui gratte.
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    Pritika Fleur-des-Dieux - le Ven 18 Mai - 23:47
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    Au dessus d'elle, le corps la couvre et ouvre dans la poitrine ce gouffre immense. De troubles en troubles, les deux se répondent et au travers des tissus délicats, il y a la chair chauffée à blanc. Et ce désir impossible à louper. Pritika a déglutit, le corps tendu dans ce contact aussi terrifiant qu'il est grisant. Est-ce elle qui déclenche cela chez Amra ? Est-ce là le pouvoir d'une femme sur un homme ? Ces choses dont elle ignore tout parce qu'elle n'a jamais voulu apprendre. Il y a dans la poitrine de la tourterelle un secret abyssal. Sa peur est sincère : elle qui n'a rien de spécial ne veut pas qu'on lui arrache la seule chose qui la distingue un peu des autres.

    Son ami, son amant le lui avait dit : "tu portes le plus beau des trésors et certains voudront te le dérober : garde-toi de le leur offrir car tu cesserais d'être un joyau pour n'être rien de plus qu'un caillou bien ordinaire."

    Pourquoi c'est son image partout dans sa tête, dans son coeur ? Pourquoi se souvenir de cela précisément à cet instant, quand son corps s'emplit d'un désir licencieux et son ventre se tord de besoin ? Le feu, sous la cendre d'un amour perdu, n'est bientôt plus que des braises. Et Amra de confirmer : elle ne sait pas. Elle ne sait pas plus que lui ce qui la rendra heureuse.

    Pritika inspire, puis soupire. L'incendie s'étouffe et ne laisse que des cendres tièdes et tristes, donnant aux yeux rouges des lueurs fugace d'une peine sincère, d'un trou béant dans cette poitrine délicate. Cette terrifiante solitude qui a toujours accompagné cet hundra à chacun de ses pas. Ce qui lui ferait plaisir n'est pas un baiser. C'est de ne plus crever de froid, de chagrin et de solitude. Alors si ça passe par un baiser ? Pourquoi pas. Mais un seul baiser ne lui rendra pas ce qu'on lui a volé. Les yeux tristes s'abaissent, franges de cils roux étirés de noir.
    "Je sais que tu ne veux pas m'en faire, de la peine." Soupire Pritika. Tu ne veux pas, et pourtant tu m'en fais, en t'en défendant.
    Elle garde ses secrets, ses douleurs, brave petite, sous le couvert de ce corps à présent simplement tiède, comme le sien, qui se pare d'une légère sueur glacée.

    La proposition d'Amra met Pritika à quia. Une première fois aussi ? Elle met du temps à comprendre de quoi il en retourne, avant de saisir le sens des propos de la prêtresse de Derketo, ayant un "Ho !" surpris autant qu'embarrassé. Pritika s'empourpre en visualisant où veut en venir l'autre hundra. Vient-elle de lui proposer de..? C'est gênant. Et scabreux.
    Et cela achève de froisser quelque chose en cette fille qui ne voudrait pas grandir. Prendre Amra... Ce serait renoncer à trop de choses. A cette féminité contrariée, à ce mensonge qu'est son corps.
    "Je... Je ne peux pas !" s'affole Pritika. Son coeur bat la chamade. Sous ce long corps sec, plus proche du garçon qu'elle-même ne l'est, la haute-prêtresse s'agite un peu, comme pour fuir le contact moribond. Mauvaise idée, elles sont bien trop collées et cela n'a pour effet que d'éveiller à nouveau un appétit bassement terrestre.

    Pritika demeure donc là, immobile, entre effroi, angoisse et désir si étroitement emmêlés qu'elle ne sait pas trop quoi faire ou quoi dire, gorge sèche, l'esprit embrouillé.
    "Je ne peux pas..." Répète Pritika et cela sonne comme des mots d'excuse. Ce serait renier tout ce qu'elle essaye d'être. Ses yeux se chamarrent de larmes qui ne couleront pas, tournant la tête pour fixer ce bassin d'eau paisible sous le balancé de fleurs exotiques. Elle renifle un peu. Si son corps est double, comment accepter qu'elle puisse être autre chose qu'une fille ? Tout comme Amra se dérobe face au sérieux d'une étreinte impliquant plus que du sexe, Pritika fuit la réalité d'un corps hundra aux appétits duègnes.

    Les yeux rouges accrochent ceux d'Amra, rougissante et fuyante. Elle est si à l'aise avec ce corps qu'elle-même déteste... Comme elle est forte ! Pritika voudrait tant chasser les nuages soucieux qui couvrent de nouveau ce front haut sous les mèches blondes mais elle a tout gâché et elle le sait. Elle s'en veut, cette fleur des dieux...
    Alors, prenant sur elle, la jeune fille entoure tout doucement Amra de ses bras, craignant un rejet qu'elle estimerait mérité. Le bout de ses doigts caresse gentiment le dos de sa compagne. Les yeux rouges reflètent la peur, l'envie pourtant de lui être agréable. Pritika retient un peu son souffle, cherchant quelque chose dans le regard d'Amra qu'elle ne trouvera pas et cela la blesse en silence, lui amenant un pauvre sourire : elle voudrait tant réparer ses erreurs... Elle a l'impression d'avoir tout gâché et d'avoir loupé son unique chance : personne ne la désire, personne ne se soucie d'elle. Alors pourquoi refuser de donner à Amra ce qu'elle demande ? Peut-être simplement parce que l'on ne fait pas l'amour par gratitude ?

    "Pardon..." Souffle Pritika du bout des lèvres, du bout du coeur, amenant leurs visages si proches, leurs lèvres si proches, tentations carmines... Leurs bouches se frôlent, leurs souffles se mélangent. Mais Pritika se dégonfle et, dans un geste d'enfant, embrasse finalement la joue fraîche d'Amra, yeux clos. Pardon, pense son coeur à cet instant. Pardon de ne pas parvenir à te donner la seule chose que je n'ai jamais possédé...


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    Amra Murmure-à-l'Océan - le Sam 19 Mai - 22:35
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    Conan OST - Love theme Il y avait entre elles une constante indécision qui soufflait des courants d'air chauds et froids les laissant à la fois frustrées et effrayées. C'était une danse à deux, même pas un jeu. Quelque chose d'aussi naturel que la peur et l'envie qui dormiraient dans le même lit. Quelque chose de très vieux, mais d'à chaque fois nouveau. Le feu était toujours présent mas il était devenu cendres encore incandescentes : moins fort, plus doux. Les cendres cependant durent plus longtemps que les brasiers, et ils dégagent une chaleur plus agréable. Contrairement à l'idée qu'on s'en fait, on étouffe difficilement des cendres qui crépitent encore.

    Murmure-à-L'Océan perçut une lueur de peine dans les grands yeux de l'hundra, la regardant un long moment sans rien dire. Elle était peut-être maladroite au jeu de l'empathie, mais la tristesse des autres exerçaient sur elle un tel empire qu'elle le flairait presque, comme un chien affamé. Comme elle fut belle en cet instant, cette fleur des dieux, avec ses larmes qui avorteraient mais sa peine réelle. Comme sa douleur la parait d'un éclat que tous les joyaux de la Terre n'auraient jamais... une fleur, une rose : chaque pétale est une illusion, chaque épine une réalité. Pritika soufflait par son indécision un vent de douleur dans le petit carré d'ombre où elles étaient alanguies, mais Amra semait derrière lui la tempête de la bêtise. Elle la regarde souffrir, mais ne la console pas. Elle la regarde se retenir de pleurer, mais ne lui dit rien. Elle veut juste regarder sa souffrance en face, pour se dire qu'elle n'est pas la seule à se sentir mal. Et c'est pervers, mais c'est humain.

    Amra ne dit rien aux paroles de son homologue de Sabaoth, baissant la tête en cherchant quelque chose à lui dire qui aurait du sens, parce qu'elle ne voulait pas lui faire de peine ; la proposition jaillit, scabreuse, déplacée peut-être, mais sincère. Elle aussi craignait les premières fois, et savait leur importance. Elle sentit qu'elle n'aurait pas du en voyant l'air interdit de la rousse, et se mordit la lèvre inférieure sans oser s'excuser ou reculer. Lovée au creux de l'hundra, elle était trop bien pour se défaire de leur proximité. La blonde inclina la tête sur le côté, incrédule, en comprenant que Pritika n'avait pas vraiment saisi de quoi elle parlait. L'idée d'une erreur la reprit, et elle demeura d'un silence de mort, la chaleur ardente du désir quittant son visage qui devint exsangue, effrayé d'avoir mit mal à l'aise la rousse. L'envie avait fait place à l'inquiétude, bien qu'elle ne l'avait pas désertée.

    La tristesse et la tendresse vivaient côte à côte chez Amra ; elles étaient presque inséparables et se succédaient dans son esprit avec une rapidité incompréhensible. Et là voilà retombée sur le versant mélancolique, comprenant qu'elle avait effrayé cette pauvre âme douce et gentille d'un désir bien trop adulte pour elle. Fleur-des-Dieux, tout comme elle, Hundra ; mariée aux dieux, intouchable. Elle ne pouvait pas. Elle retint ses mots et ses larmes ; et ses envies futiles, ses désirs licencieux, pour les grands yeux de Pritika tout aussitôt moururent. Et de la voir se débattre sous elle lui donna une étrange nausée. Elle la vit détourner la tête comme une femme traquée et allongée de force, et son propre regard perdit en intensité ; pauvre cœur, quelle terreur anime ton cœur, en cet instant ? Qui a planté en lui ces germes de crainte ?

    "Je ne te ferai pas te faire de mal", murmura Amra avec un air un peu paniqué, sa main baissée en un geste d'apaisement, "je ne ferai rien du tout."

    Murmure-à-L'Océan ne sut quoi penser lorsqu'elle sentit la jeune hundra l'entourer de ses bras pour l'attirer à elle. Leurs corps étaient encore animées de vieilles cendres crépitantes et elle craignaient de s'emporter de cette promiscuité, cédant aux sirènes de l'envie en se calant plus confortablement contre Pritika, appréciant confusément - car la chair est faible - le contact tendre et maladroit. Elle retint son souffle en fixant la rousse, décontenancée de ces attitudes contraires. Son corps lui, suivait la ligne continue de l'envie sans férir. Traître corps. L'autre prêtresse la touche à nouveau, arabesques tièdes sur son dos creusée et Amra se sent à nouveau perdre pied ; elle glisse ses longs bras sous le corps de la rousse, pour l'étreindre à son tour, avec toute la tendresse qu'elle pouvait avoir. Se serrer simplement l'une contre l'autre. Mais leurs lèvres son dangereusement proches, et déjà leurs souffles fusionnent. Derrière les ennuis et les vastes chagrins, il a l'indécision. Mais il a aussi le plaisir simple de se sentir dans les bras de quelqu'un, caressé de son regard.

    "Ne t'excuse pas."

    C'et autre chose que le désir simple, entrechoquements d'os et de tendons dans une danse primordiale. C'est un sentiment complexe qu'elle pense dangereux pour un autre, une tendresse qui naît dans son cœur et accepte modestement ce baiser d'enfant qui échoue sur sa joue, fermant les yeux. Elle le lui rend alors, un baiser chaste sur sa propre joue, comme on rend un cadeau précieux. Leurs bouches se sont touchées, leurs cœurs aussi, un peu. Juste assez pour que Murmure-à-L'Océan serre ce corps semblable au sien et pose malgré tout ses lèvres sur les siennes, le plus délicatement du monde. Un baiser gentil et aimable, tout doux. Un baiser qui ne prenait rien et n'exigeait pas non plus. Elle ferma les yeux, se reposant dans la sensation de leurs bouches jointes pudiquement, si loin de ses embrassades licencieuses avec les courtisanes du temple de Fleur-des-Dieux. L'émotion fut si vive qu'elle lui souleva le cœur, et elle ne parvint cette fois à imaginer Hurrem sous ces lèvres qu'elle n’avait pas achetées. Mais loin de se demander pourquoi, la haute-prêtresse se contenta de s'enivrer de Pritika pour ne pas sentir l'horrible fardeau qui lui brisait les épaules et qui s’appelait la dépression.

    Amra souffrait d'un incurable tristesse, selon ses dires. Pourtant, un instant, le bonheur vint habiter chez elle mais elle ne le reconnu pas. Aussi ne cherchez plus son cœur : une bête l'avait mangé, et cette bête s’appelait Hurrem. Mais quelque chose subsistait, battant en cet instant pour une autre hundra qu'on ne pouvait prendre pour jeter ensuite.
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    Pritika Fleur-des-Dieux - le Sam 19 Mai - 23:27
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    Amra la tient tout contre elle et Pritika, les lèvres sur la joue de la blonde, ressent cette soudaine chaleur qui part du coeur pour irradier dans tout son corps. La prêtresse de Derketo lui dépose un baiser sur la joue, miroir du sien. Pritika ferme les yeux. C'est doux. Elle s'en veut toujours. La fatigue de trop d'émotions contraire la happent et rend ses gestes indolents et ses paupières lourdes. Leurs jambes s'emmêlent et leurs bras entourent chacun le corps de l'autre. Le calme semble revenir, troublé par un désir paresseux.
    Elle ne lui fera pas de mal ? Amra a promis et Pritika a envie de la croire. Se laissant aller aux cajoleries, yeux mi-clos, l'hundra sent finalement les lèvres fines se déporter vers sa propre bouche...

    Le baiser se fait sans heurts, faisant rougir cette femme-enfant qui se tait et profite. Un baiser au goût de thé à la menthe. Un baiser de miel et de sucre. C'est bon et Pritika soupire tout bas contre la bouche qui couvre la sienne. C'est un long baiser qui fait battre son coeur de manière désordonnée. Amra le sentira-t-il, ce pauvre coeur affolé de trop de douceur ? Les doigts de Pritika s'agrippent un instant dans la tunique de son homologue, comme pour que ce contact ne se rompe jamais. Est-ce un tendre songe ? Va-t-elle s'éveiller de nouveau seule ?

    La solitude qui ronge ces deux hundras devient un temps l'écho de cette chaleur qui les transporte l'une vers l'autre. Le baiser s'attarde comme si personne n'avait l'envie de le rompre. Les mains douces d'Amra la caresse et leurs désirs se répondent plus férocement, témoins d'un appétit contrarié. Fleur-des-Dieux s'abandonne dans cette douceur chaste, puis leurs bouches s'éloignent légèrement, le temps de reprendre un souffle languide. Cette fois, c'est Pritika qui cherche le contact et l'initie, les bras resserrés autour de la prêtresse comme si elle voulait la garder pour elle. Croire que tout ceci n'est pas un mensonge... Et imaginer qu'elle pourrait être moins seule, si elle avait quelqu'un comme Amra à ses côtés... C'est idiot et Pritika se perd dans l'absence de réflexion, son corps répondant trop bien à celui qui le recouvre. Le désir à fait son nid dans ses reins mais Pritika le repousse pourtant, par peur que ce moment signe une fin plutôt qu'un début.

    Finalement, sous un baiser brûlant comme le désert, la jeune fille s'abandonne à ce ballet qui devient moins chaste. Leurs langues s'emmêlent, leurs yeux brillent. Pritika soupire mais repousse encore l'envie qui taraude ses reins et tends les étoffes chatoyantes. Elle ne cédera pas aux sirènes de ce corps traître. "Tu es si belle !" s'émerveille un instant l'innocente enfant, caressant timidement les cheveux blonds d'Amra. "Ho, que j'aimerais te ressembler !" Amra a des airs de poupée gracile, ces airs de beauté indolente et languide, évanescente, que Pritika, bien plus robuste, lui envie. Elle jalouse la finesse d'un corps androgyne et ces airs de biche. Elle-même n'est que trop ordinaire sous un maquillage trop élaboré pour elle. Pritika n'est pas une beauté comme les fleurs du mal qui s'épanouissent en son temple. Elle aimerait tant, pourtant, être jolie et féminine... Mais elle n'est qu'une hundra disgrâcieuse. Pourtant, à cet instant, c'est elle que l'on regarde. Elle que l'on désire. Elle que l'on cajole... Alors si tout ceci n'est qu'un plan, un simple jeu cruel, tant pis : cela la rend heureuse quelques fragiles instants.


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    Amra Murmure-à-l'Océan - le Dim 20 Mai - 15:14
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    Amra Murmure-à-l'Océan - le Lun 21 Mai - 23:12
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    Pritika Fleur-des-Dieux - le Mar 22 Mai - 21:15
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    Amra Murmure-à-l'Océan - le Jeu 24 Mai - 21:54
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    Pritika Fleur-des-Dieux - le Ven 25 Mai - 22:33
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    Bientôt, la voilà captive des bras d'Amra. Pritika ferme les yeux, le coeur battant la chamade. Dans sa tête résonne son honorifique, gémit aux combles du plaisir. C'est si étrange... Comme si elle était importante pour quelqu'un... Comme si quelqu'un l'aimait un peu.

    L'illusion est si douce, après ce plaisir qui redescend lentement que Pritika s'abandonne à la caresse. l'oreille collée à ce torse pâle entre le masculin et le féminin, la jeune hundra écoute les battements d'un coeur qui la berce. Elle somnole presque, inspirant l'odeur de la peau d'Amra. Pour une fois, elle se sent bien, la tête vide et vaporeuse. Son corps paraît flotter entre deux eaux et elle-même oublie les étoffes éparpillées, la sueur légère qui sèche déjà dans la chaleur de ce matin paisible et le fruit de leur plaisir qui souille leurs affaires. Elle oublie qu'elle est seule, Pritika, pour se laisser bercer. La question d'Amra la fait rougir un peu. Elle aura honte plus tard de ses propres entreprises, de cette manière qu'elle a eu de se laisser entraîner sur la pente de la luxure sans que sa pureté ne soit dérobée. Pour l'instant, Pritika accroche ses doigts à la tunique défaite de Murmure-à-l'Océan, se lovant dans sa chaleur et fait "non" de la tête. "Je n'ai pas eu mal." Dit-elle, très timidement. Quant à être gardée contre la prêtresse, elle en rosit d'envie. "Oui... S'il te plait..." Répond seulement la délicate oiselle.

    Les tendres caresses, la délicieuse paresse qui accompagnent la jouissance happent Pritika, qui laisse son esprit vagabonder, le coeur plus léger que depuis des lustres. Le parfum subtil d'Amra, très particulier, lui procure un sentiment de paix. Si seulement cela pouvait durer pour toujours... Les orgasmes féminins et masculins l'ont épuisé. Fleur-des-Dieux demeure silencieuse, une main serrée sur cette tunique à la manière d'une enfant, l'autre osant toucher le dos d'une des mains d'Amra en une lente caresse. La peau est douce sous la pulpe de ses doigts. Est-ce cela, avoir une amante ? Elle l'ignore, la douce enfant. Mais elle a l'impression un temps d'être spéciale pour un autre être. D'être unique. D'être deux mais un seul coeur. C'est si bon... Elle en soupire d'aise, se lovant contre le torse accueillant. Elle voudrait dire quelque chose, mais le silence s'éternise. Pritika s'en veut un peu d'être à ce point dépourvue de conversation.

    "Que... Qu'est-ce que tu aimes faire lorsque tu as du temps libre ?" La question est si incongrue d'innocence, après le stupre de leurs ébats que cela en est presque comique. La jeune hundra rougit un peu, cachant son visage dans le cou d'Amra, bêtement heureuse de ce long câlin qui lui rappelle un temps où son amant la choyait et où ils parlaient des heures durant, couchés l'un auprès de l'autre. Sous ses airs timides, le jeune corps est affamé de ces cajoleries que lui offre Amra. "Heu... Tu... Tu n'es pas obligée de répondre si tu ne veux pas hein..." Bredouille Fleur-des-Dieux. "Je... Je ne veux pas être indiscrète."

    Le souffle long et régulier, Pritika oublie la débauche de sa tenue, où il manque l'essentiel pour couvrir les appâts de cette chair bien plus femme que homme. Elle oublie tout, entrelaçant très timidement ses doigts avec ceux d'Amra. De nouveau, le silence s'installe, non pas inconfortable mais apaisant de quiétude.


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    Amra Murmure-à-l'Océan - le Mer 30 Mai - 17:24
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    Assise à côté de son grand frère l'espoir, la tendresse attend et soupire.
    Crimson Peak OST - Edith's Theme La fatigue qui rompait son corps, l'esprit terrassé par le plaisir, se diffusait lentement de Murmure-à-L'Océan jusqu'à son amante. La migraine lui viendrait bien assez tôt mais pour l'instant, l'hundra préférait savourer la quiétude si particulière qui régnait sur les lieux, sur leurs corps vaincus, sur leur tendresse un peu opportuniste et pourtant sincère. C'était un beau matin calme où rien ne vit, et tout s'éveille. Un beau matin silencieux derrière le soleil qui se lève, et les bruits timides de la Place Blanche qui revient de loin après chaque nuit, qui se réinvente à chaque fois. Et puis il y a cette étreinte qui la ressuscite, qui ressemble un peu aux autres mais qui lui sauve la vie. Il y a cette étreinte obtenu à la va-vite, et qui ne devrait rien signifier mais qui remplit son cœur de ce qui l'avait déserté ; juste une sensation : la paix, même si elle n'était pas durable. Ses yeux paresseux s'étaient fermés et elle écoutait simplement la lente respiration de Fleur-des-Dieux qu'elle gardait tendrement dans ses bras.

    La petite tête rousse était posée sur sa poitrine et Amra caressait nonchalamment ses cheveux, dessinant de l'index les pourtours d'une oreille à la faveur d'une cajolerie. La main qui serre le tissu de sa tunique semble la retenir, et elle sent Pritika se serrer plus fort contre elle : c'est cette sensation qui est tout, bien loin de la licence et de l'oubli ; c'est la tendresse qu'on voudrait recevoir, pas celle qu'on emprunte. Elle somnole rien qu'un peu, juste assez pour oublier ses tracas, pas assez pour sombrer dans le sommeil. Sa tête penche vers son amie, pour la regarder se troubler à nouveau. Sa question faisait rougir la rousse, et il n'y avait rien de plus charmant que le spectacle de cette petite tourterelle qui après s'être enfiévrée se déconcerte un peu toute seule. Elle l'attendrit un peu, au delà des savantes pollutions qu'elle lui a enseigné en toute hâte.

    C'est presque triste de voir cet autre hundra si bien dans ses bras. Un sourire conciliant ourle la bouche d'Amra quand elle entend la réponse de son homologue, qui semble dire que tout est bien, alors. Chacune est timide, mais de manière très différente et un silence s'installe entre elles. Fleur-des-Dieux accepte la doléance d'Amra et ainsi ordonnées, elles se reposent l'une contre l'autre, sans plus qu'aucun bavardage ne trouble cet intervalle de tranquillité qu'elles ont tant mérité. Le frôlement sur le dos de sa main lui tire un long soupir, le cœur gros ; comme il était loin le temps où sa main touchait celle de sa sœur... ses longues mains, pâles et fragiles araignées aux ongles durs, cherchent celles de la rousse. Elle pose sa paume froide à plat sur celle de l'autre hundra et contemple leur différence.

    "Tes mains sont toutes petites...", dit Amra avec un air un peu cafardeux malgré son sourire attendri.

    Après l'amour, Murmure-à-L'Océan se sent toujours un peu lamentable. Un instant, sans savoir pourquoi, la Haute-Prêtresse serre Pritika contre elle comme si elle avait peur que cette dernière ne disparaisse comme l'avait jadis fait sa sœur. Car Amra était de ces gens qui se sentent seuls même dans une foule. Qui se sentent solistes de leurs propres existences. Le courrier de Chaste-du-Cœur la tracasse, et tout la préoccupe ; elle craint de bientôt émerger de cette rêverie, et que Pritika n'ose jamais revenir vers elle. Mais la douce enfant lui pose une question et les yeux d'Amra la fixent, peinant à exprimer l'étonnement.

    "... ce que... fait ?"

    C'était une question qu'on ne lui avait jamais posé, parce que c'était un peu banal. Elle ne faisait rien du tout ; juste respirer pour ne pas mourir. Cette interrogation souleva en elle un étrange malaise et le sang quitta son visage, bien que son expression sereine demeure. Amra demeura un long moment silencieuse, réfléchissant à une réponse tandis que Fleur-des-Dieux s'enlisait dans sa propre timidité. A quoi bon en parler ? Elle la contempla un moment, sans trouver de réponse. Voudrait-elle apprendre à la connaitre. Et Amra, en avait-elle envie ? Elle n'en savait rien. Son temps libre, elle le passait suspendue à la fumée de l'opium et à ses larmes froides.

    "Tu n'es pas indiscrète", la rassure Amra en lui caressant les cheveux, "avant...", commença-t-elle, en se demandant si cet "avant" était bien son éloignement par rapport à sa sœur, ".... je voulais être danseur, alors j'ai appris la musique plutôt. Je joue un peu, sinon je dors."

    Il y avait une étrange tristesse dans sa voix, elle qui avait abandonné ses rêves pour se retrouver oracle d'une déesse à laquelle elle ne croyait pas. Elle dansait parfois, Murmure-à-L'Océan, comme un derviche qui dédiait ses danses enivrées par l'opium au Dieu-qui-Rêve, hantant son temple autant qu'elle le pouvait. Elle savait bien que Fleur-des-Dieux avait eu échos de ses frasques : les rumeurs vont vite dans les temples. Elle baisa aimablement son front comme pour essayer de se faire pardonner d'une faute imaginaire, puis lui dit :

    "J'oublie que je suis malheureux, et cela me prend tout mon temps libre. A peine l'aie-je entamé, qu'il est déjà trop tard et j'ai oublié que j'avais du temps libre. Je ne me souviens parfois pas très bien de comment se déroulent mes journées."

    Désireuse de changer de sujet, d'éviter de ruiner l'ambiance et de se montrer curieuse de son invitée, Murmure-à-L'Océan cajola encore un peu Fleur-des-Dieux avant de lui demander d'une voix douce :

    "Et toi, qu'aimes-tu faire de ton temps libre ?"
    code by bat'phanie



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    Pritika Fleur-des-Dieux - le Mer 30 Mai - 23:18
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    Pritika s'abandonna pour la première fois depuis peut-être toujours. Son coeur battait paisiblement tandis que les bras d'Amra faisait un écrin à cette solitude que la mort de son Haut-Prêtre avait renforcée. Si on le lui avait demandé, Pritika aurait dit qu'elle n'avait jamais été seule car les chevaux avaient toujours été dans sa vie. Ils étaient les amis qu'elle n'avait su se faire, l'oreille attentive que ses proches n'avaient pas été. C'étaient vers eux que l'hundra avait fait ses premiers pas. Ils étaient présents, tout simplement, pour une enfant qui avait grandi dans une solitude épouvantable. La réalité était pourtant là : Pritika était seule à en mourir, sous ses sourires, ses balbutiements et ses maladresses.

    Contre Amra, Pritika oubliait le reste, concentrée sur cet autre hundra qui l'émerveillait par bien des aspects, après l'avoir terrifiée. C'était si agréable. Même pas vraiment gênant, maintenant que son esprit était bercé d'endorphine. Elle aurait tout le loisir, plus tard, d'être gênée. Ce n'était pas le moment, seulement celui de profiter de cet échange dont on la gratifiait et auquel elle se dévouait, rougissant de la longue main qui saisit la sienne. Les mains d'Amra lui parurent longues, fines et douces, là où les siennes étaient courtes et légèrement calleuses. "Tes mains à toi sont si gracieuses..." Murmura en miroir Fleur-des-Dieux, avant de se troubler un peu.
    Sa féminité contrariée lui faisait considérer Murmure-à-l'Océan de manière bien plus féminine qu'elle-même, même si c'était absurde.

    Si la question de Fleur-des-Dieux pouvait passer pour naïve, elle n'était motivée que par l'envie de connaître cette autre prêtresse. Après tout, n'avait-elles pas partager tant d'intimité ? La main qui couru dans ses cheveux lui fit clore les yeux. Pritika poussa un délicieux soupir ingénu, appréciant la caresse. C'était si délicat, comme suspendu. Un moment volé aux temples, aux impondérables. Alentour, la vie reprenait ses droits, le matin avançait et fourmillait d'une activité qui les excluait dans cette fragile enclave de paix.
    "Danseur ? Comme tu dois être charmante !" Dit-elle sans penser à mal, les yeux rouges emplis de candeur. Elle-même dansait très mal en vérité. S'il était vrai que Fleur-des-Dieux était mauvaise danseuse d'un avis général, ce n'était qu'une demi-vérité. Pritika ne se révélait en vérité qu'en présence de son étalon. Avec lui, elle savait danser. Ensemble.

    Finalement, la vérité du quotidien d'Amra blessa un peu le doux coeur de Pritika, surprise d'entendre quelqu'un qu'elle idéalisait tant avouer qu'il ne faisait rien de bien concluant en dehors du sommeil opiacé.
    "Ho." Dit délicatement l'hundra, les joues rosies. Comme Amra lui faisait de la peine et qu'elle était encore trop groggy pour être gênée, Pritika se hissa un peu pour lui caresser la joue et y déposer une bise timide avant de laisser retomber sa tête dans le cou de la blonde. Le souffle régulier de Pritika heurtait la peau fine au dessus des colliers d'or qui cachaient les ouïes.
    "Je suis désolée." Finit par répondre la prêtresse de Sabaoth. Elle ne s'excusait pas : elle était désolée pour le sort de cette pauvre Amra. "Si... Si tu t'ennuies... Ou peut te changer les idées... Nous pourrions aller nous promener ou faire quelque chose d'amusant comme..." Elle réfléchit, en vain. "Comme... je ne sais pas quoi mais on trouverait bien une idée." Elle ajouta cependant très vite, le souffle un peu court : "Enfin... Tu as mieux... Enfin d'autres gens... Avec qui le faire. Bien sûr."

    A présent que la question lui était retournée, Pritika s'empourpra un peu. Amra voulait-elle vraiment savoir ? Est-ce qu'elle s'intéressait à elle ou bien n'était-ce que de la politesse ? Ne sachant qu'en penser, peu habituée à ce qu'on lui demande ce qu'elle aimait, Pritika avoua à mi-voix :
    "Je dresse mon cheval." Vint un silence, puis : "Et... Et c'est tout."
    Ce derniers mots furent penauds. Finalement, Pritika joua machinalement avec le pan de la tunique qu'une de ses mains n'avait pas lâché, comme pour ne pas être éloignée de force. Elle avait si peur des autres et de leur rejet... Si peur qu'on la laisse à présent... Elle aurait tant voulu qu'Amra soit son amie... Une amie rien que pour elle, avec qui partager des secrets et tout ce qui étouffait son coeur d'une pureté étrange pour une fille de son âge.
    "Kiral... Mon cheval... Et moi travaillons beaucoup tous les deux. Je reste la plupart du temps avec lui. Après il y a des offices où je dois être des fois mais la plupart du temps nous sommes tous les deux. C'est un très bon ami. Puisqu'ils n'ont pas besoin de moi au... au temple, je suis avec lui..." Timidement, Pritika enfouit un instant son visage au creux de l'épaule d'Amra. "Pardon, ce n'est pas passionnant."

    Il y eut de nouveau un de ces longs silences un peu maladroit, induit par la timidité des deux jeunes gens. Pritika avait fermé les yeux, gravant en elle des détails un peu vains, comme la douce sensation du torse qui se levait régulièrement, le parfum de la peau froide même en plein été. Elle aurait aimé être l'amie de cette fille aux grands yeux tristes, consoler son chagrin dont elle ignorait tout. C'était certainement présomptueux mais... C'était sincère. Quelque chose en Amra faisait écho à sa propre solitude. Peut-être Pritika oserait-elle conjuguer leur singularité pour un réconfortant pluriel ?
    "Tu dis que tu rêves... Alors à quoi rêves-tu ? Rêver c'est déjà faire quelque chose non ? Ca veut dire qu'on a encore de l'espoir que des choses meilleures surviennent." Elle lui sourit, Fleur-des-Dieux, avec candeur.


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    Amra Murmure-à-l'Océan - le Lun 4 Juin - 23:23
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    Assise à côté de son grand frère l'espoir, la tendresse attend et soupire.
    Take on me - Le ballet de leurs mains, courant l'une sur l'autre avec gentillesse, se prenant l'une l'autre avec douceur, avait les accents enfantins d’une découverte qui n'avait à présent plus rien d'interdit, mais tout d'innocent. Murmure-à-L'Océan goûtait à ce calme qui emplissait temporairement le manque qui résidait dans son cœur. Née avec un vide difficile à détruire avec de l'amour comme de l'espoir, elle avait été construite avec un cœur brisé dès le départ. C'était peut-être pour ça que les compliments de Fleur-des-Dieux, aussi insignifiants soient-ils, comblait ce quelque chose qui criait famine. L'hundra n'eut qu'un sourire en entendant son amie lui dire que ses mains étaient gracieuses, se troublant sans vouloir le montrer. Elle demeurait placide et apaisée, un sourire distant accroché à ses lèvres fines. Appréciant les soupirs de la rousse, Amra la suivit dans ses silences, laissant les bruits du dehors qui s'éveillait emplir les alentours. C'était un moment à la fois très calme et très intense et elle était heureuse de le vivre avec cette drôle d'hundra qui respirait une innocence qui lui était totalement étrangère. Comme elle était jolie, cette douce enfant pressée contre son cœur. Comme ses yeux pleins de candeur gonflait sa poitrine d'une charmante émotion qui taisait son nom par pudeur. Et comme c'était douloureux et agréable à la fois !

    "Oh, je n'étais pas très doué", elle ferma les yeux, soupirant après la vision de sa sœur dansant derrière ses paupières closes, "ma sœur a toujours été meilleure que moi. Quand elle danse, elle en ferait pleurer les dieux."

    Malgré son caractère cafardeux et ses agissements souvent inconstants, Amra était une personne modeste, tout comme Pritika. Mais c'était à une forme de spoliation naturelle qui faisait d'elle un être froid, limité, modéré en tout et un peu médiocre. Elle accepta volontiers le baiser qui échoua sur sa joue, non loin de sa bouche étiré en un sourire contenté. Sa peau était froide, sans jamais parvenir à s'échauffer. Froide et douce, très lisse, sans imperfection de manière presque surnaturelle. A bien y regarder, son visage était symétrique, ce qui mettait parfois ses prêtres mal à l'aise ; mais Pritika se moquait bien de cela, et Amra se laissa aller à plus de paresse à ses chaleureux côtés. Sous les colliers d'or, ses branchies frémirent sous le souffle de son amie, comme une étrange réponse.

    "Ne soie pas désolée", dit Murmure-à-L'Océan, un sourire amusé dans sa voix traînante, "ce n'est pas bien grave, j'aime bien m'ennuyer. C'est gentil de proposer, mais je ne saurais quoi choisir. Mais ce serait avec joie."

    La Haute-Prêtresse eut un nouveau sourire mais elle n'était pas vraiment motivée à l'idée de bousculer ses habitudes délétères. Amusée par les maladresses de Fleur-des-Dieux, elle ne lui répondit rien lorsque cette dernière argua qu'Amra avait certainement d'autres personnes avec qui s'amuser. Depuis le départ de Rêve-en-Silence, c'était devenu faux ; et personne en son temple sinistre n'avait envie de perdre du temps avec elle, ennuyeuse souris grise qui n’avait aucune autre passion que de faire passer le temps et se droguer jusqu'aux yeux. Elle ne lui donna ni tort, ni raison non pas par jeu ou cruauté, mais par évidence : elle ne faisait jamais de promesse. Préférant lui retourner sa question pour changer de sujet, Murmure-à-L'Océan eut un nouveau sourire, admiratif cette fois.

    "Ce doit être dur de dresser les chevaux. Ce sont des animaux qui me terrifient", lui avoua-t-elle en riant d'elle-même, mais sans creuser la question.

    Le fait que Pritika n'ait qu'une passion ne heurta pas Amra, qui n'ne avait aucune. Pour elle, c'était fantastique d'en avoir déjà une. Sentant la rousse tirer sur sa tunique, elle la reprit tout contre elle, enlacée dans ses longs bras maigres pour la chouchouter à sa tendre manière, languide et affectueuse à la fois. Elle l'écouta sans la couper, sincèrement curieuse de ce que faisait ce petit bout de femme avec cette grosse bête de plusieurs centaines de kilos. Comment parvenait-elle a faire obéir cette bête ? Anu, son cheval, ne cessait de la mordre et de ruer. Les chevaux étaient des animaux terrifiants ; elle avait beaucoup de respect pour cette toute petite hundra qui pliait ces êtres massifs.

    "Je t'admire", dit soudain Amra pour contredire ce que concluait Pritika sur l'intérêt de ses explicitations.

    Mais Amra n'était pas quelqu'un de loquace et elle n'ajouta rien de plus qu'un sourire aimable ponctué par le silence. les longues discussions n'étaient pas pour elle, incapable de les alimenter. Le silence ne la dérangea pas, se reposant dans ces derniers, pendue au souffle de Fleur-des-Dieux ; ces instants-là étaient les meilleurs de sa morne vie. Elle releva la tête et fixa le plafond, le regard languide, perdu entre deux eaux, entre rêve et réalité. C'était uen drôle de question, et elle lui offrit une drôle de réponse :

    "Je rêve... qu'une nuit sombre et profonde plonge le monde dans les ténèbres. Je rêve de ce qui rôde dans la nuit ; des morts dans leurs suaires saluent la fuite précipitée du soleil, et entonnent des chants sauvages dans les vagues qui viennent mourir contre des falaises tranchantes comme des rasoirs."

    Comme toujours, ses propos avaient quelques choses de sinistres et d’incohérent et elle s'en rendit compte en retrouvant ses esprits, serrant Pritika contre elle comme pour la consoler.

    "Excuse-moi, ne fais pas attention. Je divague. Reposons-nous un peu, qu'en pense-tu ?"

    Ses paupières lourdes retenaient mal un regard paresseux après l'amour, le corps alangui tout contre celui, plus féminins, plus voluptueux de cette hundra qui lui ressemblait si peu hormis leurs solitudes qui se complétaient pour l'heure... cela se reproduirait-il ? Amra n'ne savait rien. Mais elle n'était pas sans ignorer qu'elle se sentait si bien en la compagnie de Pritika...
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