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    Amra Murmure-à-l'Océan - le Mar 6 Fév - 23:37
    http://kurkigal.forumactif.com/t29-a-m-r-a-triste-elle-est-prete-a-tout http://kurkigal.forumactif.com/t42-a-m-r-a-triste-elle-fait-la-grimace#65
    Une malédiction profonde comme l'océan, noire comme les Ténèbres que la Lumière n'a jamais touché...

    On parle de lourds grondements pressant à la surface de l'eau : des murmures d'amour et de haine dans une langue plus vieille que la mer elle-même. Quelle terrible maléfice ronge la côte riante de Kur-Kigal, couverte de fleurs et de bosquets charmants ? Quand le vent souffle depuis la terre, les marins sont assaillis par une abominable puanteur, comme si toutes les tombes de la terre s'étaient brusquement ouvertes. A l'exception des falaises ourlant la mer, le pays tout entier n'est qu'un vaste champ d'herbes mortes où les tombes s'alignent sans fin. Assied-toi donc près de moi, toi qui n'a pas encore vécu, et laisse-moi te narrer une légende perdue à travers les étranges éons...

    Sache, toi qui désire connaître, qu'à un âge plus ancien que le fer les Hommes foulèrent de leurs sandales les trésors d'un royaume vierge qu'on nomma plus tard les Terres Sauvages. Ils fondèrent Urug, la Première Cité. Tout l'or qui dormait sous le lit de la terre, les Hommes en recouvraient leurs corps. C'était une ère de faste et de décadence où tout n'était qu'opulence et beauté sans entrave, où chaque horizon en cachait un autre encore plus beau. Mais avec le temps, même les joyaux rutilants deviennent ternes ou souillés, les couronnes serties de gemmes alourdissent les fronts soucieux et la lassitude comble les cœurs creusés de remords... il y avait, par delà le lac qui bordait Urug, une cité faite de pierres vertes où vivaient des êtres qu'on disait descendus de la lune. Ces humanoïdes amphibiens recouverts d'écailles adoraient un dieu inconnu des Hommes si bien que ces derniers conçurent de la peur à leur égard, et ce bien qu'ils n'avaient aucun échange avec ceux qu'ils surnommèrent les Thuum'ha, ou Ceux-qui-ne-sont-pas-des-Hommes. Les Hommes avaient peur de ce qui ne leur ressemblait pas, et pensaient que seuls leurs dieux étaient bons. Une nuit, les Hommes d'Urug descendirent sur l'étrange cité de pierres vertes, tuèrent toutes les créatures qui y vivaient, détruire la cité et volèrent l'idole du dieu impie pour la jeter à la mer.

    Ils devinrent les maîtres des terres Sauvages et bientôt Urug se para de villages, de hameaux, d'autres villes... les civilisations des Hommes se succédèrent jusqu'au règne glorieux des éclairés Fils d'Aral, les Arallus. Maîtres des mathématiques et de l'astronomie, l'Empire Arallu dura plus de mille ans malgré les centaines d'années de guerres avec les peuplades barbares qui menaçaient de les envahir. Parmi eux se trouvaient les Enfants de Kigal, les Kigallus, unifiés par le bras d'un seul guerrier et roi. Ces derniers déferlèrent sur le royaume en conquérants, les sabots de leurs montures martelant tant le sol que derrière eux, plus rien ne poussa durant cent ans. Ils détruisent les monuments et les temples, brûlèrent les récoltes et les écrits, avant de prendre des femmes Arallus comme esclaves ou concubines pour mélanger leur sang. Dès lors, le pays de Kur devint celui de Kur-Kigal, un pays barbare où ce qu'il y avait de mieux dans la vie était d'écraser ses ennemis et entendre les lamentations de leurs femmes. La décadence d'Urug eut une héritière toujours assoiffée, et elle fut surnommée le Pays des Plaisirs Inassouvis car rien ne semblait satisfaire l'appétit de ses nouveaux seigneurs. Panthéon Arallu et Kigallu se mélangèrent au fil des siècles, les clans Kigallu absorbant la culture des Fils d'Aral tels que les arts, l'architecture et l'écriture. Plus tard vint s'installer les Tunguzs, une nation semi-nomade de cavaliers et d'archers qui ne respectaient aucune loi et vivait en marge d'une société qu'ils jugeaient néfaste. En échange de la paix, ces nomades apprirent aux Kigallus la musique et la danse, ainsi que leur étrange chant venant de la gorge.

    Mais les Enfants de Kigal, maîtres des Terres Sauvages, étaient superstitieux. Leurs dieux étaient le Ciel et la Terre et l'Aurore. Ils priaient le Soleil pour qu'il illumine leur journée, la Terre pour être repus de fruits, de céréales et de bêtes grasses d'herbe tendre. De l'océan d'où les Arallus tiraient leurs poissons, ils ne savaient rien. C'était une grande abîme sans fond, plus noire que les Ténèbres. Le Soleil ne savait toucher le fond de l'océan et cette idée effrayaient les Kigallus qui ne consommaient rien venant de la mer, détruisant rituellement les bateaux en dehors de ceux de pêche. Ils pouvaient bien manger leurs affreux poissons, les Fils d'Aral, mais eux voyaient la créature comme impure à la consommation, propre à vous souiller l'âme. La légende de Ceux-qui-ne-sont-pas-des-Hommes couplée à la peur des fonds marins insondables rendirent les clans Kigallus paranoïaques... à raison. Un soir d'il y a dix ans, le cadavre flasque d'une immense créature fut rejetée par la mer sur la côte près d'un village de pêcheurs. Des prêtres de la déesse créatrice furent dépêchés sur les lieux malgré leur dégoût de l'océan. L'imposante chose morte et informe gisait là sans que personne ne sache de quoi il s'agissait. La superstition expliquait tout ce qui ne pouvait l'être : c'était un dieu échoué. L'idole des Thumm'ha revenue des flots pour hanter les Hommes et leur montrer la puissance de l'océan qu'ils refusaient de vénérer. Quelques jours après cette découverte, les pêcheurs du village devinrent bizarres, erratiques, se mordant au sang et s'étouffant avec l'air ambiant. Les prêtres tombèrent malades et ramenèrent avec eux un mal venu de la mer, qu'on appela la Souillure. Ceux qui avaient contracté la Souillure devenaient petits à petits autre chose que des Hommes, leur peau devenant lisse et froide et se couvrant d'écailles si tant et bien qu'un jour, il ne parviennent plus à respirer l'air qui les entourent et retournent à l'océan, comme appelés par ce dernier. Ils devenaient des Thumm'ha.

    Les Kigallus réagirent rapidement, d'une manière qu'ils pensaient sensée : ils se mirent à vénérer le cadavre géant pour se préserver de la Souillure, acceptant d'adorer l'océan par peur plus que par foi. On pria alors Derketo, Notre-Mère-des-Profondeurs, déesse des maladies, de la mort et des fonds marins car il s'agissaient là des domaines jugés "impurs" dans la religion Kigallu. La religion de la déesse des Abysses fut un acte désespéré et on déplaça le corps divin dans le lac proche de la capitale en s'empressant d'y construire un temple afin de se prémunir des puissantes énergies du plus lointain des fonds marins. Mais quelque chose d'encore plus terrifiant que la Souillure advint alors : d'étranges cris sur la côte, un brouillard verdâtre frôlant les eaux salées. Bientôt, un bon nombre de pêcheurs fuirent leurs villages, rendus fous par la peur. Ceux qui osèrent parler racontèrent la vision de cauchemar des Thumm'ha revenus à la vie sortant de l'océan, venant chercher leurs frères, ces Hommes touchés par la Souillure. Ceux-qui-ne-sont-pas-des-Hommes erraient sur la côte à la recherche du corps diaphane de la déesse morte Derketo, à l'évidence. La malédiction - car s'en était une - changeait les Hommes en Thumm'ha, recréant le peuple marin jadis exterminé. Ce devait être eux, ce peuple descendu de la lune, puisqu'ils n’apparaissaient que les nuits de pleine lune. Ils enlevaient les femmes pour les entraîner dans la noirceur des abysses, sans qu'on ne les revoit plus jamais. La réponse à cela fut une peur encore plus grande, portée aux nues par la religion : tous les trois mois, on offrait trois vierges  - une pour La Terre, l'autre pour le Ciel et la dernière pour l'Océan - aux créatures en espérant les apaiser, bâtissant de nouvelles fondations pour le culte de Derketo avec l'adoration et la crainte des Thumm'ha ressuscités. Ainsi le culte impie de la Déesse Morte pris sa place dans le panthéon de Kur-Kigal, espérant briser ou atténuer la malédiction.

    Ainsi sais-tu à présent que ce pays de poésie et de musique, où se sont réunis tous les poètes qui ont offert leurs visions à un monde qui les a rejeté, est maudit à jamais. Les chansons qui vivaient autrefois dans les âmes des Hommes en ont été chassées, ne laissant comme parfum que celui de la saumure et du sang. Il ne nous reste comme salut que l'adoration d'une idole que jadis nous avions voulu détruire, et la menace de son peuple que nous avons assassiné. Agissons-nous tels que quelques sombres prophéties le veulent ? Je l'ignore, mon enfant, mais si comme moi tu entends ces murmures d'amour et de haine qui se pressent à la surface de l'eau, je prierai Notre-Mère-des-Profondeurs pour ton salut... car personne ne quitte le Pays des Plaisirs Inassouvis.
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